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En Hongrie, la police recrute ses « chasseurs de migrants »

Les nouvelles recrues viennent assister les plus de 10 000 militaires et policiers déjà postés aux frontières serbe et croate du pays. | © AFP PHOTO / ATTILA KISBENEDEK

Société

La police hongroise a déjà déployé des centaines de chasseurs de frontières le long des murs de barbelés.

Le projet ne date pas d’hier. Voilà déjà plusieurs mois que la police hongroise recherche, pour surveiller ses frontières, des profils très singuliers. Avec une annonce de recrutement lancée pendant la campagne du référendum anti-migrants, en août 2016, la profession de « chasseur frontalier » était née.

Le gouvernement hongrois dégaine sa toute nouvelle brigade policière composée de près de 3 000 recrues, en résonance avec la politique nationaliste de Viktor Orban.

Animés par le sentiment nationaliste

Depuis plus de six mois, des milliers de bénévoles suivent cette formation bien spéciale. L’objectif : former le nouveau corps de police magyar. Entraînés à « faire face à la pression de l’immigration clandestine », les nouvelles recrues viennent assister les milliers de militaires et policiers d’ores et déjà déployés le long des frontières serbe et croate du pays.

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Un mur humain qui se veut inviolable, composé de gardiens intransigeants envers ceux qui oseront tenter la traversée. Appâtés sur Facebook par le biais de vidéos promotionnelles, la plupart des volontaires recrutés manifestent un puissant sentiment nationaliste, rapporte Le Parisien. Des jeunes, d’une moyenne d’âge de 30 ans, martelés par des images contrôlées par le gouvernement et profondément marqués par les heurts entre migrants et forces de l’ordre, à l’heure où la Hongrie fermait ses portes en 2015.

Érigé en 2015, le mur qui sépare la Hongrie de la Serbie fait 6 mètres de large, 4 mètres de haut et 175 kilomètres de long. © AFP PHOTO / ATTILA KISBENEDEK

La Hongrie de plus en plus stricte

Depuis l’arrivée massive des réfugiés en territoire hongrois à l’été 2015, le pays n’a cessé de durcir ses mesures anti-immigration et de renforcer son dispositif de « protection ». Parmi les réformes de plus en plus nombreuses sur le sujet, la Hongrie a récemment réintroduit la détention systématique des demandeurs d’asile et approuvé le renvoi en Serbie des non-demandeurs migrants. Aussi, en 2015, l’entrée dans le pays sans autorisation est devenue un crime passible de trois ans de prison.

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La loi, adoptée le 7 mars à l’instigation de M. Orban, a été dénoncée par plusieurs ONG ainsi que par le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), qui a relevé qu’elle « viole les obligations de la Hongrie vis-à-vis des lois internationales et européennes » en matière d’asile.

900 millions d’euros investis

Selon le secrétaire d’État à l’Intérieur, le pays aurait déjà investi plus de 900 millions d’euros dans les infrastructures mises en place pour barricader et surveiller les frontières, rapporte Le Parisien. Un budget pointé du doigt, mais justifié par « l’état d’urgence dû à une immigration massive », décrété par le gouvernement hongrois jusque septembre prochain.

Comme le rappelle le quotidien français, tandis qu’ils étaient – début septembre 2015 – près de 3 000 par jour à traverser illégalement la frontière, ils sont depuis janvier 2017 à peine deux par jour.

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