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Margaux De Ré : députée, écologiste et féministe engagée sur les réseaux sociaux

"Pour une jeune femme qui rentre en politique, le début est compliqué" nous a-t-elle expliqué. | © DR

Société

Margaux De Ré a 30 ans et est d’origine liégeoise. Elle est députée bruxelloise Ecolo, féministe et présidente de la toute première commission bruxelloise pour l’Égalité des chances et les Droits des femmes. Nous l’avons rencontrée dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes.

 

Par Camille-Flora Damanet

Durant toute sa vie, Margaux s’est retrouvée à des endroits où personne ne l’attendait. Toujours portée par deux combats qui la tiennent particulièrement à cœur, la lutte pour l’égalité homme-femme et celle pour la cause environnementale, elle s’est retrouvée, en 2019, à faire de la politique. Avant d’arriver au Parlement, elle a lancé sa start-up dans le domaine numérique. La politique et les start-up sont des secteurs majoritairement masculins.

«Dans les start-up je crois qu’on est 13% de femmes en Belgique. Et c’est ça qui m’a permis de voir aussi tous les obstacles auxquels les femmes sont confrontées dans la société. Ça m’adonné envie de travailler à essayer de lever ces obstacles», explique Margaux. Pour une jeune femme qui rentre en politique, le début est compliqué. À son arrivée, elle s’est rendue compte du regard que les gens pouvaient avoir envers une jeune femme qui n’avait pas forcément le style attendu dans ce secteur.

Elle a ressenti cette dominance masculine par des épisodes quotidiens de sexismes ordinaires, «le fait qu’on est une femme et qu’on est jeune, on doit davantage faire nos preuves. On doit vraiment se démener pour acquérir de la reconnaissance et qu’on accorde du crédit à notre parole. C’est vrai que ça peut mettre une pression sur celles qui se lancent.» Suppléante de Rajae Maouane devenue présidente de son parti, Margaux a été élue dans un temps deux. Elle est donc arrivée après tout le monde. Au début, certaines personnes la prenaient pour une assistante plus qu’une députée.

«C’est vrai qu’il arrive qu’on écoute peut-être un peu moins ou qu’on n’attende peut-être pas les mêmes choses de moi, qu’un autre. Mais c’est justement une bonne façon de montrer qu’on a des choses à dire», avoue-t-elle. Les réseaux sociaux présents dans la politique De Ré. Ayant travaillé comme community manager, Margaux connait bien les réseaux. Avec sa volonté d’échanger des idées avec les citoyens, les plateformes sociales sont très présentes dans son travail. «Je ne suis pas très à l’aise d’aller sur un marché aborder des personnes que je ne connais pas, mais sur les réseaux j’arrive à le faire. C’est très utile pourvoir des questions qui émergent dans la société», confie-t-elle.

L’utilisation quotidienne qu’elle en fait a deux objectifs. Dans un premier temps, ça lui permet de se nourrir au niveau de son travail en allant voir les sujets qui intéressent les gens. Dans un second temps, elle peut facilement vulgariser tout ce qui est fait en politique. Elle explique comment fonctionne la politique bruxelloise, mais aussi comment et pourquoi un projet aboutit ou non.Très active sur Instagram, elle y partage surtout des sujets liés à l’égalité homme-femme parce que c’est une plateforme fréquentée par beaucoup de féministes et de militantes.

Pourtant, Margaux ne s’arrête pas là. Elle vit avec son temps et tente d’accrocher un autre public aux sujets de société. On peut également la retrouver sur Twitch, la plateforme de streaming de jeux vidéo. Pourtant, le début n’a pas été facile. En débarquant sur les réseaux en tant que personnalité politique, Margaux De Ré s’est retrouvée sur le devant de la scène. Ce qui lui a valu beaucoup de critiques, certaines personnes ont commencé à faire des remarques sur son apparence. En passant par ses vêtements, ses chaussures ou encore ses tatouages. «Je ne sais pas si ce ne serait pas arrivé à un homme mais en tout cas, il y a des éléments de légitimité qu’on me reproche et qui se manifestent moins chez les hommes. Les tatouages par exemple. J’ai l’impression que sur certains hommes c’est vu comme un truc de «bad boy» qui casse les codes. Pour les femmes, ça peut, peut-être, plus facilement renvoyer à l’image de la femme-objet. En tout cas, dans l’imaginaire collectif, c’est connoté», ajoute Margaux.

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Présidente de la commission Egalité des chances et Droits des femmes

Très engagée dans le combat contre la domination d’une majorité sur une minorité, une commission qui traite spécifiquement des questions d’égalité et des questions de droits des femmes la tient particulièrement à cœur. Pour elle, c’était aussi un moyen de montrer que le parlement bruxellois évolue avec son temps. Institution politique qui représente les citoyens et les citoyennes, il lui semble important que la lutte pour l’égalité homme-femme avance dans le bon sens. Créée en 2020, cette commission a été très bien accueillie par tout le monde, sans aucune restriction.

Margaux émet toutefois l’idée que d’ici 50 ans, cette commission n’ait plus d’utilité, «peut-être qu’elle disparaîtra parce que les politiques d’égalité auront été mises un peu dans toutes les autres matières de façon transversale.»

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