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Fatma (90 ans) ne sera pas expulsée de Belgique

L'office des Etrangers voulait expulser Fatma mais le Conseil du contentieux des étrangers a estimé qu'il s'agissait d'une mauvaise décision au regard de la santé fragile de cette dame nonagénaire. | © Ronald Dersin

Société

L’arrêt de la 3ème chambre du Conseil du contentieux des étrangers vient de tomber : l’ordre de quitter le territoire qui avait été envoyé à cette grand-mère gravement malade par l’Offfice des étrangers est purement et simplement annulé.   

Il y a quelques jours, Paris Match.be évoquait un dossier empreint d’une bonne dose d’inhumanité administrative : l’histoire de Fatma, 90 ans depuis le 10 mars, qui risquait d’être expulsée de Belgique. En 2017, cette grand-mère d’origine kurde avait entrepris un grand voyage, depuis Istanbul, pour rendre visite à son fils Naïm domicilié à Charleroi. Ce dernier a été reconnu au titre de réfugié en 2003 et dès lors, il ne peut se rendre lui-même en Turquie. Peu de temps après son arrivée en Belgique, la santé de Fatma s’était mise à défaillir et elle fut admise aux soins intensifs (détresse respiratoire à la suite d’une décompensation cardiaque). Ensuite, son fils et sa belle-fille s’étaient organisés pour la prendre en charge à leur domicile, étant entendu que cette dame très âgée souffrent de plusieurs autres pathologies. Une question de solidarité évidente. « Ma grand-mère a un besoin constant de l’aide de mes parents. Elle n’est plus autonome pour se mouvoir, pour prendre ses médicaments, pour manger et se laver ; elle est désormais incapable de s’en sortir seule », nous expliquait Baran.

En 2019, une demande d’autorisation de séjour pour circonstances exceptionnelles liées à l’état de santé de Fatma avait été jugée fondée par les autorités belges. C’était là l’évidence… Mais, dans une décision notifiée en octobre dernier, l’Office des étrangers avait estimé que la prolongation du séjour de Fatma en Belgique pour raisons médicales n’était plus justifiée et, dans la foulée, cette administration avait envoyé un ordre de quitter le territoire à la nonagénaire.

La famille de Fatma nous avait confié son désarroi : « Si on l’expulse de Belgique, ma grand-mère ne s’en remettra pas », s’indignait Baran. « Il n’y a pas simplement le fait qu’elle ne saura pas s’en sortir seule pour gérer son quotidien. Vu le statut de réfugié de mon père qui ne peut plus retourner en Turquie, cette décision d’expulsion la condamne, de fait, à ne plus jamais nous revoir. C’est en quelque sorte une condamnation à mort sociale. Ma grand-mère a été prise de peur en apprenant que les autorités belges voulaient l’expulser. Elle ne s’y attendait pas et nous non plus. C’est tellement inhumain. Comment peut-on infliger cela à une femme aussi âgée ? Nous ne comprenons pas cette décision de l’Office des étrangers. »

Toutefois, un espoir demeurait. Par le biais de son conseil, Me Selma Benkhelifa, la famille de Fatma avait introduit un recours en suspension et en annulation devant le Conseil du contentieux des étrangers. La décision de cet organe de recours vient de tomber : l’ordre d’expulsion est purement et simplement annulé ! Fatma pourra donc, comme elle souhaitait, mais aussi comme sa santé physique et mentale le nécessite, rester sous la protection de ses proches.

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