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La Nouvelle-Zélande crée un congé payé pour les couples après une fausse couche

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Jacinda Ardern, la première ministre néo-zélandaise. | © Mark Mitchell / AFP.

Société

Il doit éviter aux femmes de se mettre en arrêt maladie et pourra aussi être accordé au couple engagé dans un processus de gestation pour autrui.

Premier pays à avoir accordé le droit de vote aux femmes, en 1893, la Nouvelle-Zélande poursuit son combat pionnier pour les droits des femmes. Le Parlement néo-zélandais a adopté, mercredi 24 mars, un congé payé en cas de fausse couche.

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Ce congé payé, qui a été adopté mercredi soir, évitera aux femmes de se mettre en arrêt maladie. La députée travailliste Ginny Andersen a expliqué que la mortinatalité – qui désigne la mort d’un foetus viable, survenue soit pendant la grossesse (mort in utero), soit pendant le travail (mort per partum)- devait être reconnue comme donnant droit à un congé de deuil dédié, alors que fausses couches et naissances de bébés morts-nés sont encore globalement des sujets tabous.

Une longue tradition de lois pour les droits des femmes

« Le deuil qui accompagne une fausse couche n’est pas une maladie, c’est une perte, et il faut du temps pour se remettre physiquement et mentalement d’une telle perte », a-t-elle dit devant le Parlement. Elle a expliqué que la femme qui a perdu son bébé et son partenaire ne seront pas les seuls qui pourront bénéficier de ce congé. Il pourra également être accordé aux parents cherchant à avoir un enfant par gestation pour autrui (GPA).

Cette nouvelle loi s’inscrit dans une longue tradition législative visant à faire de la Nouvelle-Zélande un Etat pionnier pour les droits des femmes. Le pays avait notamment créé un congé spécial pour les victimes de violences conjugales en 2018, avant, deux ans plus tard, de dépénaliser l’avortement (une question qui jusqu’alors demeurait sensible dans cet Etat insulaire isolé), sous l’impulsion de sa première ministre, Jacinda Ardern.

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« J’espère que si nous sommes l’un des premiers, nous ne serons pas l’un des derniers, et que d’autres pays commenceront à légiférer pour un système de congés juste et empreint de compassion, qui reconnaisse la douleur et le deuil qu’engendre une fausse couche ou la naissance d’un enfant mort-né », a-t-elle conclu.

Avec AFP

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