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À sexiste, sexiste et demi : quand le Journal du Médecin défend la Faculté de Médecine de l’ULB

L'article déplore notamment le "pseudo-féminisme" | © Flickr @ Sergio Santos

Société

À l’approche de la proclamation, la Faculté de Médecine de l’ULB a fait parler d’elle en invitant les étudiantes à arborer jupes et jolis décolletés lors de la cérémonie. Une requête sexiste, qui a fait le buzz sur les réseaux. Au sein du Journal du Médecin, on en remet une couche : non, ce n’était pas sexiste, il s’agissait simplement « d’élégance ». 

Quelques lignes seulement, mais le mail envoyé aux futurs diplômés par la Faculté de Médecine de l’ULB aura déchaîné les passions. Un paragraphe, en particulier : au sujet de la tenue souhaité pour la cérémonie, il est souligné que « d’un point de vue esthétique, il est préférable que les jeunes femmes revêtent une robe ou une jupe ainsi qu’un joli décolleté et les hommes, un costume. Bien entendu, Mesdames, cette consigne n’est pas obligatoire ». Pas obligatoire, mais difficile à avaler quand même, tant pour les étudiantes concernées que pour les internautes qui se sont rapidement emparés de l’affaire. « Sexiste », « rétrograde », « déplacé », le diagnostic a été sans appel pour l’e-mail incriminé.

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« Une seule exigence : l’élégance »

Une tempête médiatique que Nicolas de Pape, journaliste au sein de l’équipe du Journal du Médecin, semble avoir du mal à comprendre. Dans un article sobrement intitulé « Sexiste ? « , il s’interroge en effet sur le bien fondé des réactions virulentes au mail de la faculté. Ainsi qu’il le souligne, « pour maladroit qu’il est, ce communiqué n’a, à notre avis, qu’une exigence véritable : l’élégance. Il est ainsi demandé aux garçons eux aussi, en somme, d’être propres sur eux (le port du costume les enfermant également dans leur « virilité »), la toge étant prêtée par l’ULB aux deux sexes. L’intention sexiste des autorités de la Faculté de médecine de l’ULB est évidemment hors de propos ». D’autant que selon Nicolas de Pape, « l’email a d’ailleurs été rédigé au sein du secrétariat de la Faculté de médecine, c’est-à-dire forcément par une femme« . Car oui, être secrétaire, c’est un métier de filles.

« Pseudo-féminisme condescendant »

Et le journaliste ne s’arrête pas en si bon chemin, y allant de son mot d’humour : « l’émancipation des femmes est une des clés de voûte de l’ULB et, d’ailleurs, les transgenres pourront bientôt changer leur prénom sur leur carte d’étudiant… Diantre ! ». Diantre, en effet. Coup de grâce : « nous vivons une triste époque où il n’est plus possible de dire à une collègue qu’elle porte une jolie robe ; où il est interdit de se réjouir du retour du printemps pour voir les compas longilignes s’ébrouer sur les trottoirs ». Heureusement, selon Nicolas de Pape, tout n’est pas perdu : « beaucoup de femmes reconnaissent le caractère condescendant de ce pseudo-féminisme qui enferme le sexe féminin dans un statut d’éternelle minorité à protéger ».

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