Paris Match Belgique

« Un homme se faisait tuer » : Les larmes de Genevieve, témoin de la mort de George Floyd

george floyd derek chauvin procès

Des manifestants protestent devant le tribunal de Minneapolis au premier jour du procès de Derek Chauvin, le le policier filmé en train d'appuyer pendant près de neuf minutes son genou dans la nuque de George Floyd. | © Media Punch.

Société

Genevieve Hansen, une secouriste qui a assisté impuissante à la mort de George Floyd, a témoigné lors du procès de Derek Chauvin.

D’après un article Paris Match France de Kahina Sekkai

Une impuissance qui la hante encore à ce jour. Mardi, Genevieve Hansen, une secouriste qui se trouvait parmi les passants qui ont assisté à l’interpellation puis à la mort de George Floyd le 25 mai dernier, a témoigné mardi lors du procès de Derek Chauvin, rapporte CNN. Elle s’est souvenue du refus qui lui a été opposé par les policiers lorsqu’elle a proposé d’utiliser ses compétences médicales pour venir en aide à George Floyd, qui a supplié pendant de longues minutes les officiers de desserrer leur prise car il n’arrivait plus à respirer : « Un homme se faisait tuer. J’aurais pu lui apporter de l’aide médicale, du mieux que possible. Et on a refusé ce droit à cet être humain. »

Lire aussi > George Floyd : Une nouvelle vidéo montre des passants implorer les policiers de cesser l’étranglement

Vêtue de son uniforme lors de son témoignage, la jeune femme a essuyé des larmes en rappelant ses propositions refusées : « J’ai tenté le raisonnement calme, j’ai essayée d’être convaincante, j’ai suppliée et j’étais désespérée. Désespérée de ne pas pouvoir aider. (…) Il ne bougeait pas, il était menotté et trois hommes adultes pesant de tout leur poids sur quelqu’un, c’est trop. » Genevieve Hansen a fait remarquer à plusieurs reprises que les questions de l’avocat de Derek Chauvin étaient, selon elle, déplacées : « Je ne sais pas si vous avez déjà vu quelqu’un mourir sous vos yeux, mais c’est très bouleversant. » Des remarques qui n’ont pas été appréciées par le juge Peter Cahill, qui a précise à Genevieve Hansen : « Je vous conseille de ne pas vous disputer avec l’avocat ni avec la cour. Ils ont le droit de vous poser des questions, votre boulot est d’y répondre. »

« Il souffrait. Il avait mal. Il pleurait en demandant sa maman »

Darnella Frazier, la jeune fille dont la vidéo montrant la mort de George Floyd a fait le tour du monde, avait témoigné peu avant. Elle aussi s’est souvenue du comportement des quatre policiers : « Dès que quelqu’un essayait de s’approcher, ils étaient sur la défensive ». « J’ai passé des nuits debout, à présenter mes excuses à George Floyd pour n’avoir pas fait davantage », a-t-elle déclaré en larmes. « Ça n’allait pas bien. Il souffrait. Il avait mal. Il pleurait en demandant sa maman », a poursuivi celle qui a témoigné à visage couvert car elle était encore mineure au moment des faits.

L’avocat de Derek Chauvin a tenté d’expliquer que les officiers se sentaient en danger face à des témoins énervés et possiblement violents, citant les quelques insultes proférées : « Vous étiez en colère », a-t-il assuré à Don Williams, un champion d’arts martiaux qui a raconté avoir immédiatement reconnu « une prise d’étranglement sanguin » : « Les mots utilisés l’étaient pour sauver une vie. Vous ne pouvez pas dire que j’étais énervé », a répondu le témoin, qui a comme d’autres appelé la police pour dénoncer la situation à laquelle ils assistaient.

Lire aussi > « Je ne voulais pas être le prochain George Floyd » : Jacob Blake sort du silence

S’il est déclaré coupable, Derek Chauvin – le policier filmé en train d’appuyer pendant près de neuf minutes son genou dans la nuque de George Floyd – encourt jusqu’à 40 ans de prison. J. Alexander Kueng, Thomas Lane et Tou Thao, ses trois anciens collègues, seront jugés séparément.

CIM Internet