Paris Match Belgique

Deux perquisitions menées par l’OCDEFO pour saisir des documents

Henri de Croy-Solre

Henri de Croÿ. | © Image Globe.

Société

Deux perquisitions menées aujourd’hui à Bruxelles et dans la province du Luxembourg ont visé des facilitateurs du réseau d’évasion fiscale mis en place par le prince de Croÿ. Le dossier vise les faits de direction et participation à une organisation criminelle.

 

L’affaire des « Dubaï Papers », révélée en Belgique par Paris Match et qui concerne le réseau d’évasion fiscale du « prince de la finance noire », Henri de Croÿ, a connu aujourd’hui un coup d’accélérateur. Des perquisitions ont été menées à l’initiative du parquet fédéral à Bruxelles et dans la province du Luxembourg. Réalisées par l’OCDFO (Office central de la lutte contre la délinquance économique et financière organisée), elles ont visé des facilitateurs de ce réseau, c’est-à-dire des intermédiaires sur lesquels les organisateurs de la fraude fiscale et du blanchiment présumés s’appuient pour permettre à leurs clients d’échapper à l’impôt.

Lire aussi > Quand les « Dubaï Papers » et le « Footbelgate » se rencontrent

Ces perquisitions ont été effectuées avec l’objectif de procéder à la saisie de différents documents et supports informatiques permettant de mieux comprendre le rôle de ces deux personnes dans la nébuleuse mise en place à partir des Emirats Arabes Unis. 

Au coeur de cette intrigue financière dévoilée en France en 2018, on trouve donc le prince Henri de Croÿ, parmi d’autres protagonistes. Bien connu en Belgique pour avoir été poursuivi dans le cadre d’un procès fleuve, visant une fraude fiscale à grande échelle dont il est sorti blanchi en 2015 après bien des péripéties, cet aristocrate franco-belge de 62 ans a bâti, au départ des Emirats arabes unis, une nébuleuse baptisée Helin.

Selon les dizaines de milliers de documents contenus dans les « Dubaï Papers », le prince de la finance noire, avec le concours d’avocats, de banquiers et d’experts-comptables, a permis de soustraire au fisc les fortunes de centaines de clients de son circuit d’évasion fiscale et de blanchiment de capitaux installé dans l’émirat de Ras al-Khaimah, en Suisse, au Luxembourg et aux Pays-Bas. Dans son sillage, outre des oligarques russes et quelques célébrités, on croise surtout des chefs d’entreprise, de riches héritiers et des détenteurs de gros patrimoines, parmi lesquels une soixantaine de Belges.

Lire aussi > Dubaï Papers : l’État belge se constitue partie civile

C’est en tout cas ce qui ressort de cette fuite de données qui a alimenté nos différents articles disponibles en intégralité sur notre site. C’est par ailleurs ce que doivent vérifier les investigations judiciaire et administrative actuellement en cours, menées respectivement par le parquet fédéral et par l’Inspection spéciale des impôts (ISI). Tous deux disposent des « papers » transmis par le Parquet national financier (PNF) de Paris qui en a hérité en 2018, avant d’ouvrir une information pour « blanchiment de fraude fiscale ».

CIM Internet