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Mini-jupe, maxi effets : un bout de tissu comme emblème des femmes libérées

La jupe comme emblème de liberté | © Flickr @ Fatimeh Nadimi

Société

Ce mardi 6 juin, c’est la Journée mondiale de la mini-jupe, événement lancé en 2015 avec pour objectif de rappeler que les femmes ont le droit de porter ce qu’elles veulent. L’occasion aussi de mettre à l’honneur ce petit bout de tissu à l’origine de grands chamboulements. 

Il y a deux ans,  le président de la Ligue de défense de la laïcité et des libertés Rachid Ben Othman et l’activiste féministe Najet Bayoudh ont appelé les femmes tunisiennes à participer à un rassemblement en mini-jupes. À l’origine du mouvement, un fait divers qui avait déchaîné la critique dans la péninsule : une Algérienne interdite de passer un examen car sa jupe était trop courte. Symbole de la femme opprimée, elle a poussé les deux organisateurs à rappeler que les femmes avaient le droit de porter ce qu’elles voulaient, peu importe leur religion ou leur origine. Et quoi de mieux pour souligner leur propos que de piétiner les convenances jambes à l’air, exposées dans un vêtement qui a fait couler beaucoup d’encre ?

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L’invention de la mini a fait souffler un vent de liberté – Belga

« Le bon goût est mort »

Car s’il est difficile aujourd’hui d’imaginer la commotion que la mini-jupe a pu causer, celle qui a fêté ses cinquante ans en 2014 est née dans un parfum de soufre. Mantra de sa créatrice, Mary Quant ? « Le bon goût est mort, la vulgarité c’est tout ce qui compte ». Et quoi de plus vulgaire que de faire remonter les jupes au-dessus du genou à une époque où la pudeur anglaise règne encore en maître ? Dans la boutique de King’s Road de la créatrice, les jeunes filles se pressent pour libérer leurs gambettes, provoquant l’effroi de leurs parents, qui voient dans ce bout de tissu sulfureux une invitation à la dépravation.

Frisson de l’inconnu

Pas de quoi donner envie à la créatrice de rallonger ses ourlets. Ainsi qu’elle l’expliquait au Guardian en 1967, « les gens disent que quelque chose est vulgaire quand ils n’en ont jamais vu avant. Quand ils s’y sont habitués, alors il devient de bon goût de les porter. Mes investisseurs et les personnes qui cousent mes vêtements ne sont jamais séduits par les croquis que je leur montre. Mais les esprits critiques, les gens qui comprennent la mode, eux bondissent toujours de joie, ils sont excités de porter quelque chose de nouveau ».

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À l’image de sa création, Mary Quant reste (re)belle malgré les années – Belga/Maxxp

Libres comme l’air

Plus de 50 ans après son invention, la mini reste toujours aussi fraîche, réinventée au gré des saisons de la mode et de leurs diktats. Et si cet été, ce sont les modèles plus longs qui ont les faveurs des fashionistas, la mini-jupe n’en reste pas moins un basique estival. Voire même, comme aujourd’hui, un objet de revendication : montrer ses jambes, et afficher par la même occasion sa liberté.

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