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Déferlante de drogues de synthèse et d’overdoses en Europe : la Belgique épargnée

En Belgique, les trois drogues les plus consommées sont le cannabis, l'ecstasy et la cocaïne | © Flickr @ Cristian C

Société

Les surdoses de drogues font de plus en plus de morts en Europe, où circulent de nouvelles et nombreuses substances « dangereuses » pour la santé, s’inquiète l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) dans son rapport annuel. Et en Belgique ? 

« Les raisons ? Y a pas de raisons. On n’a pas besoin de raisons quand on a l’héroïne ». Le personnage de Mark Renton a vieilli, et sa philosophie de junkie aussi. En effet, si le rapport de l’OEDT, fondé sur des données collectées en 2015 et 2016, souligne en premier lieu l’augmentation « grave » et « préoccupante » du nombre de décès par surdose dans les 28 Etats de l’UE ainsi qu’en Turquie et Norvège (8.441 décès en 2015, +6% par rapport à 2014), « principalement liés à l’héroïne et à d’autres opiacés », il met aussi en garde contre les « nouvelles substances psychoactives« .

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« De plus en plus clandestines »

Selon le rapport, ces drogues de synthèse « représentent toujours un défi considérable pour la santé publique en Europe », d’autant plus que ces produits se renouvellent rapidement et sont vendus de manière « de plus en plus clandestines », notamment « sur des marchés en ligne ou illicites ». Ces deux dernières années, ce ne sont pas moins de 300 nouvelles substances qui ont été signalées, parmi lesquelles des cannabinoïdes synthétiques, destinés à être inhalés dans des cigarettes électroniques, et dont les effets sont non seulement plus puissants que la marijuana, mais peuvent même être mortels.

Concentrations plus élevées

En Belgique, c’est surtout sur Liège que l’inquisition a tendance à se braquer, en raison de la proximité de la ville avec les Pays-Bas et de la facilité que cela entraînerait pour se procurer des drogues. Dans les faits, si le nombre d’infractions liées à la drogue y est stable et que cannabis, marijuana et haschisch représentent 58% des saisies, la brigade des stupéfiants constate toutefois une tendance alarmante. Ainsi que l’a confié Christel Vandenbergh, de la cellule prévention, à nos confrères de la DH, les drogues seraient plus fortes qu’avant. « Quand on parle de qualité, souvent on pense qu’elle est meilleure mais on parle plutôt de concentration de THC. Dans les années 60, on était plutôt à 2-3 % et on est passé à 10-12 % ». De quoi augmenter également la rapidité de la dépendance.

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70 décès par overdose par an

Une évolution préoccupante, que Sébastien Daems, porte-parole de l’Institut Scientifique de Santé Publique, tend à nuancer. « En règle générale, le cannabis et le haschich ont une puissance légèrement plus élevée chez nous que dans les autres pays européens. Cela vaut également pour l’ecstasy, qui est fortement dosée en Belgique, mais cette tendance ne date pas d’hier ». Les drogues de synthèse ? Le pays en est relativement épargné : « la situation en Belgique reste assez stable, les drogues les plus consommées chez nous sont dans l’ordre, le cannabis, l’ecstasy, la cocaïne, l’héroïne et les amphétamines, et puis seulement les nouvelles substances psychoactives ». En cause : « le fait que le cannabis et l’ecstasy sont relativement faciles à obtenir en Belgique puisque nous faisons partie des pays producteurs et exportateurs de ces substances ».  Et Sébastien Daems d’ajouter que contrairement à ce qui est constaté chez nos voisins, « en Belgique, le nombre de décès annuels pour cause d’overdose reste stable, autour d’une septentaine de personnes ».

 

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