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Plus facile de louer un appartement à Bruxelles si on s’appelle Robert plutôt que Rachid

Malgré la loi, la discrimination continue. | © Belga / Benoît Doppagne

Société

À Bruxelles, les hommes portant un nom à consonance nord-africaine ou africaine subsaharienne voient directement leur candidature à une location mise de côté, dans plus de 30% des cas, ressort-il d’une étude sur la discrimination sur le marché locatif privé de la Région bruxelloise.

L’étude, qui a été réalisée par l’université de Gand pour la ministre bruxelloise en charge du Logement Céline Fremault (cdH), a été relayée  ce mercredi dans La Libre Belgique.
Selon l’étude, qui ne porte que sur les locations privées, 44% des hommes dont le nom est d’origine nord-africaine voient leur demande de candidature pour un logement mise directement de côté. Pour les candidats au nom à consonance subsaharienne, la proportion est de 30% des demandes, conclut l’université. Celle-ci a réalisé des milliers de tests de correspondance, pour comparer des candidatures présentant ou non un marqueur de discrimination, comme une indication d’origine ethnique. Le critère du chômage apparait aussi comme un élément de discrimination prépondérant: les demandes de logement des chômeurs sont mises de côté dans un cas sur trois.

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Lutte complexe

En 2014 déjà, la Libre avait interrogé Patrick Charlier, directeur adjoint du Centre pour l’égalité des chances, au sujet des discriminations au logement. Ainsi qu’il l’expliquait alors, « les chercheurs ont constaté que les propriétaires et les agents immobiliers sont désormais conscients de l’interdiction de discriminer sur la base de certains critères, surtout ceux liés à l’origine. Mais certains ont dès lors adopté des stratégies d’évitement plus subtiles, ce qui a pour conséquence de complexifier la lutte contre ces phénomènes ». Parmi les stratégies, exiger du candidat locataire des preuves de revenus ou d’emploi et des références de l’ancien propriétaire et/ou employeur, utilisées par le bailleur pour dissuader les locataires indésirables. des stratégies qui visent le plus souvent les étrangers et les allocataires sociaux.

Interdit par la loi

Pour rappel, le refus de louer fondé sur certains éléments discriminatoires est un délit pénal, passible théoriquement de deux ans de prison et de 30.000 euros d’amende, en raison des articles 225-1 et 225-2 du Code pénal. Amendée en 2002, la loi de 1989 sur le bail d’habitation stipule ainsi que « aucune personne ne peut se voir refuser la location d’un logement en raison de son origine, son patronyme, son apparence physique, son sexe, sa situation de famille, son état de santé, son handicap, ses mœurs, son orientation sexuelle, ses opinions politiques, ses activités syndicales ou son appartenance ou sa non-appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». N’en déplaise à certains propriétaires…

 

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