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Quand Donald Trump censure les Twittos, une ONG riposte au nom de la liberté d’expression

Bloqués sur le compte officiel de Donald Trump, plusieurs utilisateurs se sont vus privés de la possibilité d'envoyer des messages - publics ou privés - au président. | © BELGA PHOTO / BENOIT DOPPAGNE

Société

Dans une lettre adressée personnellement au « président Twittos », une ONG dénonce la censure de Donald Trump vis-à-vis de certains utilisateurs Twitter.

Grand habitué de l’oiseau Twitter, le célèbre « @POTUS » prend les tweets très au sérieux. À tel point que si certains ne lui plaisent pas, il les bloque instantanément.

Bloqués sur le compte officiel de Donald Trump, plusieurs utilisateurs se sont vus privés de la possibilité d’envoyer des messages – publics ou privés – au président. Se faisant, le président républicain empêche ainsi ceux qu’il bloque de lui envoyer des tweets et de voir son actualité s’afficher dans leur fil d’information.

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Devant cette forme de censure, le Knight First Amendment Institute – une ONG américaine qui défend la liberté d’expression – dénonce le comportement du président dans une lettre ouverte.

« Cher M. le Président »

Dans sa lettre directement adressée à Donald Trump, l’organisation non-gouvernementale demande au président de cesser de bloquer certains followers. La raison ? Anticonstitutionnelle. Pour l’ONG, censurer certains utilisateurs relève d’une violation du premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d’expression, rapporte Le Monde.

Souvent critiqué et moqué, le compte Twitter du président US doit rester un « forum de débat public » pour l’organisation qui déplore l’exclusion des citoyens et de leurs opinions. Elle appelle ainsi Donald Trump à assumer et respecter « l’espace de débat » qu’il a lui-même ouvert au grand public.

Après avoir ouvert cet espace de débat à tous, le président ne peut pas en exclure des personnes simplement parce qu’il n’aime pas ce qu’elles disent.

Privés d’opinions

Dans un tel contexte, « la Constitution empêche le président d’établir lui-même les règles » précise le président de l’ONG, Jameel Jaffer. « Même si les auteurs de la Constitution n’avaient certainement pas envisagé que le président ait un compte Twitter, ils avaient conscience du fait que le président ne doit pas pouvoir interdire des opinions dans un discours public simplement parce qu’il est en désaccord. »

Pour appuyer sa demande, le Knight First Amendment mentionne les cas concrets de deux citoyens américains qui ont été bloqués par leur président sur Twitter. L’un lui ayant reproché sa décision de sortir de l’accord de Paris. L’autre s’étant moqué de lui sur base d’une photo du Pape François qui, l’air dépité, dépeindrait à merveille l’opinion générale envers Donald Trump.

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