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Détenu en Turquie, Mathias Depardon est libéré

Une excellente nouvelle après un mois d'emprisonnement. | © Capture d'écran Facebook/Comité de soutien belge à Mathias Depardon

Société

Mathias Depardon avait été arrêté le 8 mai dernier en Turquie. Expulsé de ce pays où il vivait depuis cinq ans, le photographe devrait être de retour à Paris ce soir.

Un mois après son arrestation, Mathias Depardon a enfin été libéré. Le secrétaire général de Reporters sans frontières Christophe Deloire a annoncé la nouvelle ce vendredi : « La procédure d’expulsion de Mathias Depardon est en cours. Il est dans un avion de Gaziantep vers Istanbul, et devrait être rentré à Paris ce soir », a-t-il déclaré sur Twitter. Le photographe français de 37 ans se trouvait depuis des semaines dans le centre de rétention de Gaziantep, situé près de la frontière syrienne. Sa mère Danièle Van de Lanotte s’y était rendue jeudi, à la veille de son expulsion, pour la première fois. Elle s’était dite « soulagée de l’avoir vu, c’est un sacré cadeau ».

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Avant l’annonce, ses avocats avaient réclamé l’intervention de la Commission européenne pour mettre fin à la « détention arbitraire » du photographe, qui est installé en Turquie depuis cinq ans. « Nous estimons qu’une intervention ferme de votre part, en concertation avec les autorités françaises, permettra d’obtenir du pouvoir turc qu’il fasse cesser cette situation arbitraire illustrant la négation par ce pays de ses engagements internationaux », avaient écrit Me Rusen Aytac, William Bourdon, Martin Pradel et Emine Seker dans un texte adressé à Niels Muiznieks, le commissaire européen aux Droits de l’Homme.

Le 3 juin dernier, le président français Emmanuel Macron avait évoqué le cas de Mathias Depardon auprès de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, réclamant son retour « le plus vite possible » en France.

Mathias Depardon en grève de la faim

Il avait été arrêté le 8 mai dernier à Hasankeyf, dans le sud-est de la Turquie, où il réalisait un sujet pour National Geographic. Les autorités turques l’accusaient de « propagande terroriste », lui reprochant d’avoir diffusé des photos issues d’un de ses reportages sur le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme terroriste par Ankara. Une décision d’expulsion avait été émise dès le 11 mai, mais elle n’avait pas été appliquée jusqu’à présent. Mathias Depardon avait même entamé une grève de la faim, du 21 au 27 mai, pour protester contre sa détention.

À la fin du mois dernier, un comité de soutien au photographe français avait été créé en France, suivi d’un comité belge. Il regroupait ses amis et collègues, qui voulaient permettre « une montée en puissance de la mobilisation si cela devait être nécessaire » : « Avec les bonnes volontés et l’engagement des collègues et amis de Mathias, nous prendrons très bientôt des initiatives, notamment à travers l’affichage de banderoles sur des bâtiments publics, le lancement d’une pétition et d’une campagne en ligne », avait alors déclaré Christophe Deloire.

La Turquie 155ème sur 180 dans le classement de RSF

La situation des journalistes est extrêmement tendue en Turquie, 155ème sur 180 dans le classement sur la liberté de la presse rédigé par RSF. Le journaliste français Olivier Bertrand avait été détenu pendant deux jours en novembre dernier. Un journaliste germano-turc Deniz Yücel est toujours incarcéré, accusé d’«espionnage» et de d’activités «terroristes».

Jeudi, le procès d’Erol Onderoglu, le représentant de RSF en Turquie, a repris. Il est accusé de propagande terroriste pour avoir participé à une campagne de solidarité en faveur d’un journal kurde. Il encourt jusqu’à 15 ans de prison.

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