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Le manspreading, cette pratique masculine qui dérange

Le manspreading a également son équivalent féminin, tout aussi dérangeant. | © WNYC New York Public Radio

Société

Après Tokyo et New-York, l’interdiction du « manspreading » débarque dans les transports en commun de Madrid. Pourtant, les hommes ne sont pas les seuls envahisseurs, les femmes aussi présentent des manies qui dérangent.

À partir de mi-juin, de nouveaux pictogrammes s’ajouteront aux interdictions et obligations habituelles dans les transports en commun à Madrid : interdiction d’écouter de la musique sans écouteurs, de parler trop fort au téléphone mais aussi interdiction du manspreading, comme le rapporte Slate.

Si le mot est peu connu, ce qu’il signifie est très commun. Question de confort, un homme ouvre ses jambes au point d’utiliser deux places ou de déranger la personne voisine. Cette pratique, déjà interdite à Tokyo et à New-York, débarque dorénavant en Europe.

Cette campagne contre le manspreading n’existerait pas sans l’intervention du collectif de femmes, Mujeres En Lucha (les femmes en lutte). Celui-ci avait lancé il y a plusieurs mois une pétition accompagné du hashtag #MadridSinManspreading à partager sur les réseaux sociaux. « Tous les modes de transport public ont des autocollants indiquant les sièges réservés aux femmes enceintes, aux personnes handicapées ou aux personnes âgées. Mais il y a une chose qui nous affecte tous, presque chaque fois que nous prenons les transports publics: le manspreading ». Certains l’appellent aussi « le syndrome des couilles de cristal », écartant leurs jambes pour ne pas casser leurs boules précieuses.

Pour la député de Podemos Clara Serra, « rendre visible ces pratiques quotidiennes de machisme qui passent inaperçues est la seule manière d’avancer ». C’est son parti qui a déposé le 6 juin dernier une proposition de loi devant le parlement de la région de Madrid pour que cette campagne soit étendue à l’ensemble de la région.

Et en Belgique ?

En décembre dernier, la députée Écolo Céline Delforge avait parlé de cette pratique. « Même si le phénomène a été conceptualisé et analysé assez récemment, le problème n’est vraiment pas neuf. Il y a quelques années, j’avais été particulièrement choquée par l’attitude d’un adolescent avec lequel je partageais une banquette pour deux personnes dans le bus. Je lui avais demandé de resserrer ses jambes qui étaient complètement écartées mais il m’a répondu qu’il n’allait pas croiser les jambes comme une p…», expliquait-elle à l’époque à nos confrères de La Libre.

« Pour la plupart, c’est inconscient et un simple pictogramme permettrait de prendre conscience de ce comportement et d’y faire attention ». La députée bruxelloise avait interpellé la STIB à ce propos mais rien n’a été fait pour l’instant.

Les sacs envahisseurs

Les hommes ne sont pas les seuls envahisseurs dans les transports en commun. Les femmes ont, elles aussi, des manies qui dérangent, comme par exemple le fait d’occuper un deuxième siège en y déposant leur sac à main. Cette pratique commence à être dénoncée sur les réseaux sociaux, suite aux quelques interdictions de manspreading dans le monde.

Les détracteurs du féminisme, hommes et femmes confondus, n’ont pas tardé à accuser ces collectifs de crier au sexisme alors que les femmes ont le même type de comportements. Ces deux pratiques vont bien plus loin. Au-delà du sexisme de l’un et de l’autre, ces man- et woman-spreadings sont tout simplement deux incivilités à éviter.

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