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L’Ecole du Bois Sauvage : 43 ans de coaching pour les élèves en difficulté mais aussi … les plus doués !

Bruno Terlinden et Constantin Ullens, co-directeurs, nous ont livré quelques-uns de leurs secrets. | © DR

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Depuis sa fondation en 1978 par Luc-André Dumont (†) et Bruno Terlinden, l’Ecole du Bois Sauvage cartonne au classement des écoles privées préparant aux Jurys de la Communauté française.

 

Nous avons voulu connaître la raison de ce succès jamais démenti et comprendre pourquoi de plus en plus de bons élèves rejoignent désormais cette école. Bruno Terlinden et Constantin Ullens, co-directeurs, nous ont livré quelques-uns de leurs secrets.

Paris Match. Le monde de l’enseignement est en pleine mutation, qu’en pensez-vous ?
Constantin Ullens. Pendant des décennies, l’enseignement public belge était considéré comme l’un des meilleurs du monde. Le rôle des écoles de jury se limitait alors à aider les élèves en difficulté, soit les plus turbulents, soit les élèves ne trouvant pas leur place dans le système, comme les élèves diagnostiqués haut potentiel, par exemple. Aujourd’hui, tous les indicateurs internationaux le prouvent : décret après décret, la Fédération Wallonie – Bruxelles répond de moins en moins aux attentes légitimes des jeunes et de leurs parents.

Les écoles de jury ne proposent donc plus de solution aux élèves en décrochage ou aux « surdoués » ?
Bruno Terlinden. Bien sûr que si ! Mais depuis une dizaine d’années, le public évolue. De plus en plus de jeunes se tournent vers nous sans avoir jamais connu d’échec. Ils cherchent avant tout une bonne formation, parfois à gagner du temps.
C.U.: Regardez, ce qui se passe depuis un an et demi est symptomatique : c’est à peine si les élèves ont reçu des cours et on ne leur demande même plus de se mobiliser puisqu’on leur annonce qu’ils n’auront pas d’examens. Les élèves qui ambitionnent de faire des études supérieures et leurs parents s’interrogent. Ils ne cherchent pas de solution immédiate : leurs enfants auront leur diplôme de secondaire, mais comment seront-ils armés pour la suite ?

C’est là que l’école du Bois Sauvage intervient …
B.T. : Oui, et de préférence avant qu’il ne soit trop tard, avant le décrochage scolaire, qui touche autant les élèves dépassés que ceux qui s’ennuient.

Que trouvent les élèves de mieux au Bois Sauvage ? Beaucoup de parents disent que le changement opéré chez leurs enfants tient du miracle. En quoi consiste-t-il ?
B.T. : Ce “miracle” a plusieurs manifestations. Les élèves commencent à travailler et à s’intéresser aux matières enseignées. Certains, qui, chaque matin, prenaient le chemin de l’école avec des pieds de plomb, changent radicalement : ils viennent au Bois avec plaisir et, le soir venu, racontent volontiers leur journée à la maison. Les parents ne s’y trompent pas : cette volonté de communiquer en famille les émotions et les apprentissages de la journée témoigne d’une confiance retrouvée qui fait plaisir à voir.

Voyez-vous déjà cette année les effets de la pandémie ? Quelle est la proportion d’élèves qui ont choisi d’assurer leur formation chez vous alors qu’ils n’étaient pas en échec ?
C.U. : 15% de nos élèves obtiendront leur CESS avec un voire deux ans d’avance. Certains d’entre eux sont actuellement en train de préparer en nos murs de façon intensive l’examen d’entrée aux études d’ingénieur, rentabilisant leur temps avant l’obtention des résultats.

Comment conciliez-vous ce nouveau public avec votre public habituel, celui des élèves quasiment en décrochage ? N’y a-t-il pas une incompatibilité ?
C.U: Au contraire ! Cette diversité est très stimulante pour l’équipe pédagogique et les élèves eux-mêmes qui ne se sentent pas stigmatisés comme des « intellos » ou des « cancres » : l’école apporte une solution à chacun grâce à la souplesse de son organisation et à sa capacité à créer des petits groupes homogènes par matière.

D’autres écoles que la vôtre ont aussi de bons professeurs. Comment faites-vous pour obtenir de si bons résultats avec des élèves en échec ailleurs ?
B.T. : La recette comporte quatre ingrédients principaux.
1- Les cours sont donnés en petites voire très petites classes par des professeurs passionnés et dès lors passionnants.
2- Nous attachons beaucoup d’importance à fixer aux élèves des objectifs clairs et atteignables dès le début. Les élèves sont alors immédiatement entraînés dans la spirale de la réussite. Pour vérifier que ces objectifs soient atteints, nous organisons plusieurs fois par semaine des Tests au Finish. L’élève ne quitte l’école que lorsqu’il les a réussis. Certains restent même jusqu’à 20 heures. Ce système est redoutablement efficace.
3- Nous comptons aussi sur une bonne triangulation Ecole-Elèves-Parents. Les parents peuvent consulter chaque jour notre site qui recense les résultats obtenus par chaque élève sur une page personnelle et sécurisée.
4- Enfin, il s’agit de relever un défi dont les échéances sont très proches et ce dans la perspective de gagner du temps. Rien n’est plus stimulant ! Il est d’ailleurs très fréquent qu’un élève qui rate sa 4ème en juin réussisse le Jury de 6ème l’année suivante.

Comment gérez-vous le problème qui se pose à la plupart des élèves, à savoir une faiblesse persistante en Math ?
B.T. : Excellente question. Pour nous, c’est simple : ceux qui se croient faibles en math sont ceux qui n’en ont pas fait assez. Un cas classique est celui de l’élève qui a suivi des dizaines de cours particuliers, mais qui rate malgré tout son examen de math. La cause en est toujours la même : pas assez d’exercices entre les cours particuliers et l’examen. Au Bois Sauvage, les élèves résolvent des centaines d’exercices. L’examen du Jury n’est alors plus qu’une formalité. Cette recette est tellement fructueuse que certains élèves arrivent chez nous complètement paniqués par les Math et, après quelques semaines, ils choisissent de présenter l’examen dès la première session et parfois même préparent l’examen d’entrée d’ingénieur.

Vous n’avez que des professeurs ultra-motivés et enthousiastes. Comment faites-vous pour les recruter ?
B.T. : Ce n’est pas si compliqué. Le projet du Bois “emballe” nos professeurs : ils prestent un nombre d’heures de travail important et ne ménagent pas leurs efforts. Mais ils bénéficient d’excellentes conditions de travail (en moyenne un prof pour cinq élèves) et sont gratifiés par la réussite de leurs élèves. On peut dire que chez nous, le métier d’enseignant est sublimé.

Vous n’exagérez pas un petit peu ?
B.T. : Venez au Bois Sauvage les jours de délibération du Jury et vous en jugerez. Nous sommes tellement heureux d’apprendre que nos élèves sont diplômés ! En effet, comme nous ne sommes pas juge et partie, la réussite de nos élèves est aussi notre réussite. A chacune des sessions d’examens du Jury, à savoir deux fois par an, nous sommes soumis à un contrôle de qualité. Nos résultats sont éloquents !

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