Paris Match Belgique

Orlando : l’histoire d’une victime rejetée par son père parce qu’elle était homosexuelle

La tuerie d'Orlando du 12 juin 2016 est apparue comme l’un des pires massacres homophobes. | © AFP PHOTO / KENA BETANCUR

Société

Quelques semaines après la tragédie d’Orlando, un journal local rapporte qu’un père n’a pas réclamé le corps de son fils défunt parce qu’il avait honte de son homosexualité.

C’était il y a un an, jour pour jour. Dans la nuit du samedi au dimanche 12 juin 2016, 49 personnes, perdaient la vie au Pulse, une boîte de nuit gay située à Orlando, en Floride. Bis, trans, homos ou hétéros : tous ont été abattus pour ce qu’ils étaient.

En tirant sur la foule, Omar Mateen – le tireur qualifié de « profondément homophobe » – commet l’une des tueries les plus meurtrières survenues sur le sol américain, la première à avoir visé directement la communauté LGBT.

Élan de solidarité

Dans les quelques heures suivant l’attentat, un élan de solidarité a jailli des quatre coins du monde. Sur la toile et dans les rues, des témoignages de soutien en hommage aux victimes se sont accumulés.

Lire aussi : Combattre l’homophobie en partageant des histoires vraies

Le soutien envers les familles, aussi. À tous ceux ayant attendu de longues heures, sans nouvelles de leurs proches, avant d’apprendre la nouvelle déchirante qui, balayant l’inquiétude, a laissé place au chagrin. 72 heures : c’est le temps qu’a duré la tâche funèbre de l’identification, la notification et l’autopsie des corps. Tous ont été remis aux plus proches parents des victimes pour l’organisation des obsèques. Sauf un.

Victime abandonnée

Une dizaine de jours après le drame, le site Orlando Latino révèle que l’une des victimes du massacre n’a pas été réclamée par ses proches. En apprenant la mort de son fils et humilié par l’homosexualité de son enfant, le père de la victime a refusé de récupérer son corps à la morgue.

Rapidement, la nouvelle a suscité l’émoi général, faisant écho à une réalité « cachée » et troublante, qui rappelait notamment la crise du SIDA aux États-Unis, où des centaines d’homosexuels ont perdu la vie et dont les corps n’ont pas été réclamés par leurs propres familles.

Lire aussi : Une photographe infiltrée dans l’enfer des cliniques équatoriennes pour « guérir » l’homosexualité

Heureusement, le bureau du médecin légiste du comté d’Orange et le système de réponse des opérations de mortuaire d’urgence de la Floride ont su convaincre les autres membres de la famille vivant à Orlando de réclamer le corps et d’organiser ses funérailles. Le corps de la victime a finalement été récupéré par sa soeur qui a aussitôt accepté sa dépouille.

© AFP PHOTO / Laura Buckman

Être homo et latino

D’après la journaliste Maria Padilla, qui a relaté l’histoire sur le site Orlando Latino, cet épisode a montré les conséquences tragiques d’une attaque qui a frappé non seulement la communauté gay, mais aussi les stigmates sociaux qui empoisonnent les familles de Puerto Rico socialement conservatrices, dont le défunt délaissé était originaire. Et de souligner que la moitié des victimes de l’attentat étaient portoricaines.

Cet épisode fait partie des histoires indicibles sur les victimes latines du massacre d’Orlando.

Pour cette journaliste, le sort de ce jeune portoricain est symptomatique du grand manque d’acceptation de l’homosexualité dans le monde latin. Presque un an après la tuerie, l’histoire continue de faire parler d’elle, soulignant parmi tant d’autres comment l’homophobie a aggravé une tragédie qui déchire les familles depuis toujours.

Un des pires massacres homophobes

Fusillade la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis depuis le 11 septembre 2001, la tuerie d’Orlando du 12 juin 2016 apparaît aussi comme l’un des pires massacres homophobes.

La fusillade a suscité une véritable onde de choc. « Pour la première fois on a compris que même dans un pays occidental, être homosexuel, bi ou trans pouvait être vraiment dangereux », affirmait le président de SOS Homophobie Joël Deumier dans les colonnes du Huffington Post.

On a compris qu’on était des cibles et qu’on pouvait mourir pour ce que l’on est.

CIM Internet