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« Vieillesse ennemie » : lutter le temps d’une journée contre la maltraitance de nos aînés

L'OMS estime que 5% des plus de 65 ans et 15% des plus de 75 ans seraient victimes de maltraitance. | © Flickr: friend JAD

Société

Ce jeudi 15 juin marque la 12e Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées.

En Europe, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que 5% des plus de 65 ans et 15% des plus de 75 ans en seraient victimes, rappelle « Respect Seniors« , l’Agence wallonne de lutte contre la maltraitance des personnes âgées. Elle organise pour l’occasion une journée d’étude sur la problématique à Charleroi.

Maltraitance multiforme

« Flagrante ou non, la maltraitance des aînés est multiforme (psychologique, physique, financière, civique ou due à des négligences) et ses conséquences peuvent être multiples (sentiment d’abandon, dépression, suicide, culpabilité, peur, dégradation de l’état de santé, séquelles physiques, etc.) », explique l’ASBL.

Qu’elle soit intentionnelle ou non, la violence se produit aussi bien à domicile – dans près de trois quarts des cas – que dans des institutions comme les maisons de repos ou les hôpitaux.

Selon les statistiques 2016, « Respect Seniors » a enregistré 3 470 contacts pour des situations supposées de maltraitance et 2 222 demandes en lien avec ses actions de prévention. Dans 43% des cas, c’est l’entourage de la personne âgée qui se tourne vers l’agence wallonne, alors que l’aîné fait lui-même les démarches dans 23% des cas.

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Le groupe d’âge le plus touché est celui des 80 et plus (28%) et de nombreuses femmes sont décrites comme étant victimes de maltraitance (65%).

Au sein de la famille

Plus de 60% des aînés concernés par la problématique vivent à domicile, contre 29% en institution. « La répartition au niveau des chiffres ne signifie pas que la maltraitance est moins présente en institution qu’à domicile mais cela indique peut-être que les aînés vivant en institution sont moins informés ou moins capables de faire les démarches », précise l’agence.

Les auteurs de maltraitance sont souvent des membres de la famille (60% des cas), notamment les enfants (37%). Quant aux formes de mauvais traitements, il s’agit principalement de maltraitances psychologiques (32%) et financières (21%), auxquelles peuvent s’ajouter des maltraitances civiques (15%), physiques (14%) ou dues à des négligences (17%).

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En parallèle à l’écoute et l’accompagnement, les intervenants psychosociaux de « Respect Seniors » ont animé 197 séances d’information, de sensibilisation et de formation pour un public total estimé à quelque 4 600 personnes (professionnels, étudiants, aînés, …).

  • – Avec Belga
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