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Cinq siècles après avoir été arraché, le coeur aztèque de Mexico bat encore

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Un danseur traditionnel célèbre la défense de l'empire des Aztèques avant la "chute" de Mexico-Tenochtitlan. | © CLAUDIO CRUZ / AFP.

Société

En déambulant dans le vieux Mexico, on croise parfois des hommes qui dansent, le corps couvert de plumes et d’ornements traditionnels. L’Empire aztèque a chuté il y a 500 ans, mais la capitale du Mexique en est encore le témoin vivant.

La scène se passe sur le Zocalo, la grand’ place de Mexico, construite sur les ruines du plus grand temple de l’Empire aztèque, le Templo Mayor, entre la Grande cathédrale et le siège du gouvernement. Les Aztèques sont tombés sous les coups de boutoir des Conquistadors d’Hernan Cortès, le 13 août 1521, mais leurs descendants continuent de danser sous le soleil, le visage grimé en crâne mortuaire ou en divinités anciennes.

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La danse et les rituels évoquent leur splendeur passée. L’énergie qui s’y transmet attire les curieux. Non loin, des vendeurs proposent des mets que les habitants de la capitale dégustent depuis que les Tlatoanis, les grands seigneurs mexicains, la gouvernent.

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© CLAUDIO CRUZ / AFP.

« Notre identité, la philosophie, l’histoire ancienne du Mexique, même si elle a été déformée, est toujours vivace », affirme Sergio Segura Octocayohua, de l’organisation « Calpulli Ze Mazatl » qui veille à la pérennité de la tradition aztèque. Pour s’exprimer, il profite d’une pause entre deux rituels de guérison, au pied de la cathédrale.

Ce vendredi 13 août, le calendrier officiel commémorera la « chute » de Mexico-Tenochtitlan, capitale de l’empire des Aztèques, mais pour Sergio Segura Octocayohua, la célébration se fera la veille, afin de marquer leur « défense héroïque », le dernier jour où ils ont exercé leur souveraineté.

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© CLAUDIO CRUZ / AFP.

Les danseurs tournoient sur eux-mêmes, piétinent sur place. Leurs mouvements sont dynamiques, pleins d’une énergie accentuée par leurs grandes crêtes et les hochets en graines liés à leurs jambes.

Le rythme martial et parfois frénétique du « huéhuetl », une sorte de tambour traditionnel, mélangé aux arômes de la nourriture de rue, suscite l’enthousiasme des touristes qui s’exclament : « C’est ça le Mexique ! » Étrangers, ceux qui n’ont pas eu peur de l’épidémie pour venir au Mexique, ou Mexicains, tous prennent des photos et des vidéos en donnant quelques pièces.

« Tout à coup, ils nous voient et disent : ‘Mais ils sont encore en vie, comme c’est étrange‘ », confie avec ironie Tezcatlipoca, danseur et guide septuagénaire, tout sourire.

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© CLAUDIO CRUZ / AFP.

« Nous ne nous battons plus avec des armes, maintenant nous nous battons avec des mots, avec l’identité, avec des danses », renchérit Octocayohua, 58 ans, dont le « calpulli », ou clan, continue de former des « guerriers ».

La fierté du passé préhispanique

Danser ou se purifier sur les fondations de la capitale éternelle aztèque a un sens profond pour ces hommes qui se disent « en résistance ». « C’est l’un des lieux qui possède le plus d’énergie cosmique, mais il doit être nettoyé car il est imprégné de beaucoup de sang », ajoute Octocayohua pour qui la conquête espagnole, marquée par des batailles et des massacres comme celui du Templo Mayor lui-même, représente une « humiliation ».

Les chorégraphies, basées sur les mouvements synodiques de la lune et du soleil, cherchent à imiter leur harmonie, explique Ocelocoatl Ramírez, président de Zemanauak Tlamachtiloyan, une fondation qui défend la culture mexicaine.

Autour du « tlamanalli » (offrande) et après avoir élevé un « momoztli » (autel), on danse au milieu des fumées de plantes médicinales. La puissance rythmique du « huéhuetl » et le son profond de « l’atecocolli », un escargot de mer utilisé comme trompette, séduisent particulièrement les jeunes en quête d’énergie et d’identité.

« Si je danse, je rayonne, je me sens en symbiose avec l’univers », confie María Cervantes, 22 ans, qui a adopté le nom náhuatl Chicuacë Tochtli et qui est une disciple de Ramírez depuis l’âge de 15 ans.

Tout aussi vivace que la fierté du passé préhispanique, la nourriture de rue reste une coutume ancestrale très répandue dans la ville depuis l’époque de Tenochtitlan. L’odeur du maïs grillé ou bouilli flotte en permanence sur le centre historique de Mexico.

Devant l’imposant bâtiment de la Cour suprême, au bout du Zócalo, Minerva Martínez, 40 ans, vend des « tlayudas », une tortilla feuilletée d’environ 30 centimètres de diamètre, d’origine préhispanique, faite de maïs blanc.

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« Cette spécificité gastronomique locale, la cuisine de rue, a toujours été un point de référence traditionnel, totalement mexicain et préhispanique », souligne le chef et historien Rodrigo Llanes.

Avec Belga

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