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Afghanistan : La Belgique envoie trois avions pour une opération d’évacuation de Kaboul

Afghanistan : La Belgique envoie trois avions pour une opération d'évacuation de Kaboul

De nombreux pays étrangers évacuent leurs ressortissants et des civils afghans ayant coopéré avec eux. | © Wakil Kohsar / AFP

Société

Des milliers d’Afghans tentent de quitter le pays après la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan.

 

Le gouvernement a donné lundi son feu vert à l’envoi de trois avions militaires pour participer à une opération d’évacuation au départ de l’Afghanistan, a indiqué le cabinet du Premier ministre Alexander De Croo à l’agence Belga, alors que le chaos s’est installé sur l’aéroport de Kaboul. Il s’agira de trois avions de transport – l’un des nouveaux Airbus A400M et deux C-130H Hercules en fin de carrière – a-t-on précisé de même source, en ajoutant que la décision avait été prise par le comité ministériel restreint (« kern », qui réunit les principaux ministres du gouvernement fédéral) sur proposition de M. De Croo (Open Vld).

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Ces appareils font partie de l’offre, portant sur quatre avions au total du 15e wing de transport aérien de Melsbroek, proposée par la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS) qui a également indiqué en matinée que son département préparait un détachement NEO (« non-combatant evacuation operation »). « La situation en Afghanistan évolue rapidement. La première priorité est la sécurité des Belges sur le terrain. Le kern a décidé, pour cette raison, de donner son feu vert à une opération d’évacuation par la Défense », a précisé le cabinet du Premier ministre.

« Le kern se réunit ce soir pour aborder la situation en Afghanistan de manière plus approfondie », a précisé l’entourage du chef du gouvernement. Cette réunion était initialement convoquée lundi soir pour préparer le comité de concertation de vendredi à propos de l’évolution de la crise sanitaire liée au coronavirus, un sujet qui reste sur la table des ministres.

Le dernier déploiement de ce genre remonte au printemps 1997

Selon Mme Dedonder, « une partie du détachement NEO se tient également prêt à aider à organiser une évacuation depuis l’aéroport de Kaboul ».
L’armée belge maintient en permanence en « stand by » des capacités aérienne et terrestre pour effectuer de telles opérations NEO d’évacuation d’expatriés d’une zone en crise – l’une des tâches fixées aux forces armées par le gouvernement. Des exercices réguliers sont organisés sur ce thème, soit en Belgique, soit à l’étranger, avec une prédilection pour l’Afrique, le théâtre le plus probable pour de telles interventions.

Le dernier déploiement en date – resté « préventif », sans intervention réelle – remonte au printemps 1997 lorsque la Belgique avait déployé des troupes au Congo-Brazzaville lors de l’avancée de la rébellion qui a conduit au renversement du dictateur zaïrois Mobutu Sese Seko et à l’arrivée au pouvoir à Kinshasa de Laurent-Désiré Kabila à la tête de la République démocratique du Congo (RDC).

Des nombreux pays occidentaux ont dépêché des moyens militaires à l’aéroport international de Kaboul – dont une partie a été protégée durant des années par des troupes belges – pour évacuer leurs ressortissants. C’est notamment le cas des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et des Pays-Bas.
Mais l’afflux massif d’Afghans candidats au départ dans l’enceinte de l’aéroport international Hamid Karzaï (du nom d’un ancien président afghan) et sur les chemins de roulage complique singulièrement les opérations aériennes. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des hommes s’agrippant à un avion de transport C-17 américain au roulage et deux en tomber alors que l’avion a décollé.

Évacuation de ressortissants étrangers et de civils afghans

Les Américains ont envoyé 6 000 militaires pour sécuriser l’aéroport et faire partir quelque 30 000 Américains et civils afghans ayant coopéré avec les États-Unis qui craignent les représailles des talibans.

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Selon la chancelière allemande Angela Merkel, Berlin a identifié 2 500 personnes sur place qui pourraient être évacuées, essentiellement des Afghans et des membres de leurs familles ayant travaillé avec la Bundeswehr (armée allemande). À ce chiffre, s’ajoute une liste de 2 000 autres personnes, avocats et défenseurs des droits de l’homme, qui ont également exprimé le souhait de partir. En comptabilisant les membres de leurs familles, leur nombre grimpe à 10 000, a dit Mme Merkel au cours d’une réunion à huis clos devant les cadres de son parti, l’Union démocrate-chrétienne allemande (CDU).

« Concernant les interprètes et les collaborateurs afghans ayant travaillé pour les intérêts belges, ils ont la possibilité de se faire connaitre auprès de nos autorités. Ces personnes étaient également souvent employées par d’autres nations. Ils auront aussi l’opportunité de demander un visa pour un autre pays », a souligné Mme Dedonder.

Avec Belga

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