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Attaque à Bamako : L’horreur dans un campement touristique

Le campement Kangaba est un lieu de villégiature très prisé par les expatriés. | © AFP PHOTO / HABIBOU KOUYATE

Société

Cinq assaillants, qui ont été abattus, ont visé un complexe touristique près de Bamako au Mali ce dimanche. Plusieurs personnes ont été tuées et une dizaine blessées.

La fusillade a éclaté en milieu d’après-midi sur le campement. Contacté par téléphone, un employé raconte avoir entendu les assaillants crier « Allah U Akbar ». Un couple d’expatriés qui se trouvait dans l’entrée a immédiatement été pris pour cible et abattu. Un autre client de l’hôtel serait mort devant son enfant de cinq ans. « Il était blessé et courait en criant « Au secours », mon collègue, qui rentrait chez lui, s’est arrêté pour le prendre avec son enfant à l’arrière de sa moto. Arrivé à l’hôpital, la personne a appelé un parent pour lui dire de venir prendre son enfant, puis cinq minutes après il était mort ». Selon ce même employé, des coups de feu se faisaient entendre encore ce dimanche soir aux alentours de 21 heures autour du campement. Le bilan officiel fait état de deux morts dont une Franco-Gabonaise et une dizaine de blessés. Cinq assaillants auraient été abattus, selon le Monde.

Ce n’est pas un hôtel de centre ville qui a été pris pour cible comme lors de la dernière attaque à Bamako contre le Radisson Blu en novembre 2015, mais le campement Kangaba, un agréable « ecolodge » et site de détente situé à la périphérie de Bamako, un lieu de villégiature très prisé par les expatriés, dont le propriétaire est un Français, Hervé Depardieu. « Ce week-end, ce n’était pas plein, c’était calme en raison du carême », note cet employé. Équipé de salles de spectacle, le complexe peut accueillir des dizaines de milliers personnes. Il est aussi un lieu de rencontres culturelles pour les jeunes de la région. Ce qui explique aussi la raison pour laquelle les djihadistes ont attaqué en milieu d’après-midi.

L’une des dix cases du Kangaba près de Bamako attaqué dimanche 18 juin 2017 © Hotel Kangaba

Peu de temps après l’attaque, le ministre Salif Traoré a déclaré qu’il s’agissait d’une attaque terroriste. « Les forces spéciales maliennes sont intervenues. Une vingtaine d’otages ont déjà été libérés. Malheureusement, il y a eu pour le moment deux morts, dont une Franco-Gabonaise ». L’autre personne décédée n’a pas encore été identifiée. « Nous avons pu extraire ou exfiltrer près de 36 clients ou travailleurs du campement », a indiqué le ministre, dont une quinzaine de Français et environ autant de Maliens. Les forces spéciales étaient encore dimanche soir en train de fouiller les chambres du campement. Selon un contact à Bamako, « ils vérifient s’il n’y a pas d’autres victimes ou assaillants dans les chambres ». D’autres sources évoquent une prise d’otage toujours en cours.

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Le Mali est victime d’une campagne de violence inédite du Nord au Sud. Depuis mars 2017, le chef du groupe terroriste Ansar Dine Iyad Ag Ghali (Nord-Mali), ardemment recherché par les militaires de l’opération Barkhane, a noué une alliance avec le prédicateur peul Amadou Koufa (Centre du Mali) et l’Algérien Yeyia Abou Hama (Aqmi). En visite à Gao, sur la principale base militaire française de l’opération Barkhane en mai dernier, le président Emmanuel Macron s’est engagé à poursuivre l’effort de lutte contre le terrorisme dans un contexte difficile, où la menace du chaos plane toujours sur le Mali.

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