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Affaire Mawda : Les parties civiles ne plaident plus pour un meurtre

Affaire Mawda : Les parties civiles ne plaident plus pour un meurtre

Manifestation de soutien lors du premier procès le lundi 23 novembre 2020. | © BELGA PHOTO / NICOLAS MAETERLINCK

Société

Les parents se disent « épuisés par la procédure ».

 

Les parents de la petite Mawda, parties civiles, ont demandé jeudi à la quatrième chambre correctionnelle de la cour d’appel du Hainaut de requalifier la prévention d’homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution, retenue par le tribunal correctionnel contre le policier auteur du tir mortel, en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les parents ont pris cette décision « car ils sont épuisés par la procédure ».

Me Salma Ben Kahlifa a déclaré que plusieurs déclarations du prévenu sont contredites par des éléments du dossier. Celui-ci n’aurait pas fait, comme il l’a déclaré, de gestes de sommation et aurait chambré directement son arme, visant un peu plus haut que le pneu. « J’espère qu’à l’issue de ce procès, il sera clair dans la tête de tout le monde qu’il ne faut pas tirer dans une camionnette, au risque de tuer des gens », a insisté l’avocate.

Affaire Mawda : Les parties civiles ne plaident plus pour un meurtre
Les parents de Mawda. © BELGA PHOTO / BENOIT DOPPAGNE

Elle a également exclu le caractère involontaire de l’infraction, expliquant qu’il n’était pas grave de laisser filer une camionnette qui refuse de répondre aux injonctions de police.

« Le prévenu n’a pas respecté cette loi »

Selon Me Lambert, autre avocate des parents de Mawda, le policier ne doit pas être jugé comme citoyen mais comme un agent de l’État qui a commis une faute en usant de son arme à feu lors de cette course-poursuite. « L’utilisation d’une arme à feu contre un véhicule tombe sous le coup des articles 37 et 38 de la loi sur la fonction de police et le prévenu n’a pas respecté cette loi », a déclaré l’avocate.

Le procès en appel du policier, condamné en première instance pour avoir tiré sur un véhicule en fuite dans lequel se trouvait la petite Mawda, le 17 mai 2018 lors d’une course-poursuite sur l’E42, a débuté ce jeudi devant la quatrième chambre correctionnelle de la cour d’appel du Hainaut. Le tribunal correctionnel avait condamné le policier d’une peine d’un an de prison, assortie d’un sursis, estimant qu’il avait commis une faute en faisant usage de son arme de service, lors de la course-poursuite. Il avait été reconnu coupable d’un homicide involontaire par défaut de précaution ou de prévoyance. Le procès est prévu pour deux matinées.

Avec Belga

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