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Deux filles échappées de Boko Haram vont rentrer à l’université

Depuis 2014, plus de 100 lycéennes ont été libérées mais le même nombre de filles sont toujours prisonnières. | © AFP PHOTO

Société

Elles ont vécu l’horreur au Nigeria en 2014. Joy et Lydia faisaient partie de la cinquantaine de lycéennes échappées du groupe terroriste Boko Haram. Les deux filles, aujourd’hui de 20 et 19 ans, racontent leur histoire.

La nuit du 14 avril 2014 restera à jamais dans leur mémoire. Joy Bishara, 20 ans, et Lydia Pogu, 19, reviennent sur l’horreur qu’elles ont vécue à Chibok, au Nigeria, lorsque Boko Haram a envahi leur internat. Ces derniers sont arrivés en uniforme, présents soi-disant pour « protéger » les lycéennes mais elles n’étaient pas dupes, explique Lydia au magazine People. « Nous étions toutes en train de pleurer et de crier », raconte Joy, réveillée par sa meilleure amie. « Ils nous ont dit de rester tranquille, sinon ils allaient nous tuer ». « Ils nous ont demandé de dire notre dernière prière », explique-t-elle dans la vidéo du magazine. Les terroristes leur ont alors posé un ultimatum : « ils ont tiré en l’air puis l’un d’entre eux a dit ‘Si vous voulez vivre, vous devez suivre ce chemin. Si vous voulez mourir, vous pouvez suivre l’autre’ ». Cette nuit-là, le groupe terroriste a kidnappé près de 300 lycéennes.

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Alors que le camion prenait de la vitesse, créant un nuage de poussières, certaines filles ont sauté du véhicule et ont commencé à courir dans des directions opposées pour atteindre finalement des buissons. Lydia et Joy en faisaient partie. Les deux lycéennes ont réussi à retrouver leurs familles à Chibok mais elles seront envoyées en août de la même année aux États-Unis pour continuer à suivre des cours. Avec l’aide de différents groupes activistes, elles sont arrivées dans un internat de Virginie, à l’est du pays. Deux ans plus tard, changement d’internat : Canyonville Christian Academy, en Oregon, au nord-ouest des États-Unis où elles ont été diplômées ce mois-ci. Prochaine étape : la Floride, à la Southeastern University.

My dear cousin Joy, Thank you so much for been a sister and friend to me. Konw I see and its really an appropriatetion….

Publié par Lydia Pogu sur samedi 3 juin 2017

Sans famille, face à de nouveaux challenges, leur transition américaine n’a pas été si simple mais elle était également « excitante ». Elles parlaient à peine anglais mais ont appris très rapidement. Après avoir passé leur vie au Nigeria, les deux rescapées affirment qu’elles vivent dorénavant un « rêve », avec toutes les opportunités et l’éducation qu’elles ont pu recevoir.

« Ces jeunes femmes sont étonnamment concentrées, obstinément concentrées », raconte le président de l’internat d’Oregon, Doug Wead au magazine américain. « Elles sont déterminées à vaincre leurs ravisseurs en transformant leur cauchemar en quelque chose de triomphant ».

Aujourd’hui, Lydia espère devenir une avocate pour aider les gens qui n’ont pas de voix, alors que Joy veut devenir docteur. « Ce que je veux faire, c’est sauver des vies ». Pour les financements, les deux femmes pleines d’ambition ont lancé une page GoFundMe.

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Les attaques de Boko Haram continuent

Depuis 2014, plus de 100 lycéennes ont été libérées mais le même nombre de filles sont toujours prisonnières.

Pendant ce temps-là, le groupe terroriste continue de sévir en Afrique. Dimanche 18 juin, plusieurs attaques, coordonnées par Boko Haram, ont fait au moins 24 morts au Nigeria. La plus grande étant des attentats-suicides coordonnés de deux femmes dans un camp de déplacés de la périphérie de Maïduguri, dans le nord-est du pays. Cette attaque a fait, à elle seule, 16 morts, rapporte AFP. Dans la même région, 50 camions d’aide alimentaire ont été détournés par le groupe, affirme Laolu Akande, le conseiller du vice-président à RFI. De l’aide qui était destinée à soutenir leurs victimes… Selon l’ONU, cette zone instable du nord-est du Nigeria est menacée par la famine.

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