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Trois nettoyeuses sur 10 sont victimes de violences sexuelles au travail

"Le tabou est encore énorme et les problèmes ne sont souvent pas signalés", déplore Pia Stalpaert, présidente de la CSC Alimentation et Services. | © EPA/PEER GRIMM

Société

Selon une enquête effectuée auprès de plus de 51 000 nettoyeuses et aides familiales, 31,7% d’entre elles ont un jour été victimes de violences sexuelles au travail.

À l’occasion de la 10e édition de la journée du nettoyage, la CSC a présenté mardi une enquête nationale réalisée en janvier auprès de plus de 51 000 nettoyeuses et aides familiales sur les violences de genre. Selon les résultats, trois nettoyeuses sur 10 ont un jour été victimes de violences sexuelles au travail. Pour 37% d’entre elles, il est question d’attouchements non désirés. La grande majorité (60%) fait état de violences verbales liées au sexe, allant d’une remarque à des menaces.

Seules, sans collègue

Plus de 200 000 travailleuses et travailleurs gagnent leur vie en nettoyant, selon le syndicat chrétien. Il s’agit d’un métier isolé car le lieu de travail est souvent la propriété privée du client et les nettoyeuses y travaillent généralement seules, sans collègue. Ces caractéristiques du métier rendent les nettoyeuses plus vulnérables à la violence sexuelle.

L’enquête démontre également que ce sont les travailleuses du secteur des aides familiales qui signalent le plus souvent des problèmes. Victimes de violences en tout genre, elles dénoncent des viols et coups (1,25%), des attouchements (36,71%), des pressions économiques sur leurs revenus (7,52%) et des violences verbales liées au sexe (60,67%). Les autres formes de violences liées au sexe rapportées par 26,54% des victimes concernent, notamment, le visionnage de films pornographiques en leur présence, des demandes visant à leur faire porter des vêtements provocateurs ou de simples regards. Des cas de masturbation devant les nettoyeuses ont par ailleurs été mentionnés dans les questions ouvertes, bien que l’étude n’envisageait pas cette éventualité.

Un tabou « énorme »

Pia Stalpaert, présidente de la CSC Alimentation et Services, estime le problème largement méconnu : « Le tabou est encore énorme et les problèmes ne sont souvent pas signalés ». Le syndicat envisage différentes mesures, parmi lesquelles le développement de formations pour aider les nettoyeuses à réagir face à ces violences, la promotion des personnes de contact habilitées à leur offrir un accompagnement et la sollicitation du Comité pour la prévention et la protection au travail afin qu’il se penche sur la problématique.

(Avec Belga)

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