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Pour JCDecaux, la polémique autour de l’affiche de Simone de Beauvoir n’est pas qu’une histoire de fesses

"Juste une belle paire de fesses charnue". | © AFP PHOTO / STF

Société

Sur Facebook, la comédienne Camille Lockhart accuse JCDecaux d’avoir censuré l’affiche de son spectacle sur Simone de Beauvoir, représentant l’autrice féministe nue et de dos. L’entreprise d’affichage publicitaire dément.

 

La figure du féminisme français a-t-elle été censurée ? C’est ce que dénonce en tout cas Camille Lockhart, comédienne dans le spectacle Les correspondances amoureuses de Simone de Beauvoir, dans son coup de gueule posté sur Facebook ce lundi. Pour illustrer ce spectacle qui sera représenté en septembre à Paris, la compagnie a choisi une photo de la compagne de Sartre dans sa salle de bain, prise en 1952 par le photographe Art Shay. On l’y voit nue, « de dos. Pas l’ombre d’un téton ou d’un pubis. Juste une belle paire de fesses charnue », décrit la comédienne. 

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Publié par Camille Lockhart sur lundi 19 juin 2017

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« Ce n’est pas une photo volée, c’est la photographie d’une femme, remplie d’amour, de joie, de vie, qui se laisse voir, qui laisse voir son corps, parce qu’elle l’aime son corps, et que son corps est beau, parce que c’est un corps humain. (…) L’affiche a été violemment censurée par JC Decaux, par le métro parisien, et les colonnes Morris », dénonce-t-elle dans son statut partagé près de 70 000 fois.

« Chers censeurs moyen-âgeux »

« Chers censeurs moyen-âgeux qui posez vos grosses couilles sur la table, il s’agit du derrière potelé de la femme dont nous portons la voix. Il s’agit d’une des figures les plus brillantes de son temps, qui s’est battue pour faire entendre la parole des femmes, de toutes les femmes, qui s’est battue pour qu’on ait le droit de sortir de nos cuisines, réfléchir, voter, travailler, avoir un compte en banque, choisir ou non d’avoir des enfants, pour qu’on cesse d’être des « bonne-femmes » et qu’on soit d’abord et avant tout des êtres humains », écrit-elle, révoltée de voir une paire de fesses censurées alors qu' »on laisse vivre les images publicitaires vulgaires et putassières pour vendre une bagnole, un soutif, des yaourts ou un adultère sur internet ».

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La comédienne s’est un peu emballée.

Contactée par Le Parisien, l’entreprise spécialisée dans l’affichage urbain dément toute censure. « Il n’y a aucune volonté de censure de la part de JCDecaux. La comédienne s’est un peu emballée », a confirmé une de leurs représentantes, ajoutant que la décision était toujours en attente « pour deux raisons. L’une juridique, on réalise une étude sur les droits de la photo d’Art Shay. L’autre, est que la nature dénudée de la photo nous a obligé à demander l’avis de l’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) sur la diffusion de cette image. Nous pensons d’ailleurs qu’il sera positif », a-t-elle conclu.

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