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À partir de ce mercredi 3 novembre à 9h22, les femmes travaillent gratuitement

inégalités de salaires femmes

Image d'illustration. | © Unsplash.

Société

Le combat contre les inégalités salariales est définitivement loin d’être gagné…

L’écart s’est encore creusé en un an. En 2020, les femmes commençaient à travailler gratuitement à partir du 4 novembre à 16h16. En 2021, la date fatidique a été avancée au 3 novembre à 9h22. C’est le collectif féministes « Les Glorieuses » qui, chaque année, fait ce fastidieux et affligeant calcul.

16,5% de revenus en moins que les hommes

Comment Rebecca Amsellem, économiste et créatrice de la newsletter Les Glorieuses (suivie par près de 150 000 personnes) et son équipe font-elles le calcul ? Selon un calcul réalisé chaque année à partir des chiffres d’Eurostat qui indiquent qu’en 2021, les femmes ont touché en moyenne 16,5% de revenus en moins que les hommes (contre 15,5% l’année dernière). Une méthode remise en question comme l’explique Le Monde, mais qui n’en reste pas moins un indicateur frappant d’une inégalité qui perdurent avec les années.

D’ailleurs, on observe que les méthodes de calcul ne sont pas les mêmes d’un organisme ou d’une institution à l’autre (Eurostat, l’OCDE, l’Insee,…).Les chiffres varient donc mais l’inégalité de salaire reste bel et bien présente. Parmi les facteurs qui peuvent expliquer ces écarts : le fait que les secteurs dans lesquels les femmes constituent la majorité des travailleurs affichent des niveaux de salaires inférieurs, la sous-représentativité des femmes dans les postes à responsabilité et de direction, le fait que les femmes travaillent moins longtemps et souvent à temps partiel pour concilier responsabilités familiales et travail,…

Pour tenter d’en venir à bout, Les Glorieuses a lancé une pétition pour interpeller les candidats et candidates à l’élection présidentielle. Cette dernière se compose d’ailleurs de trois propositions de politique publique.

1. Appliquer le principe d’éga-conditionnalité. C’est à dire conditionner l’accès aux marchés publics, l’obtention des subventions publiques et celui des prêts garantis par l’Etat au respect de l’égalité salariale au sein de sa structure.

2. Revaloriser les salaires des emplois où les femmes sont les plus nombreuses. « À titre d’exemple parmi tant d’autres, les femmes représentent en France 90,4% des infirmières, 87,7% des sage-femmes et 65,7% du corps enseignant », explique Les Glorieuses.

3. Soutenir un congé parental payé de manière équivalente pour les deux parents. À l’image de celui mis en place en Suède qui permet aux hommes et aux femmes de jouir d’un congé maternité (post naissance) et d’un congé paternité de même durée.

 

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