Shorts au travail : la révolte des hommes qui ont chaud

Shorts au travail : la révolte des hommes qui ont chaud

Les conducteurs nantais sont venus habillés en jupe mardi. | © DR

Société

En été, les hommes ont rarement le droit de mettre autre chose qu’un pantalon au travail. Cette année, leur révolte est en marche, menée par des chauffeurs de bus. 

Pourquoi seules les femmes auraient-elles le droit de sortir leurs jambes au travail ? Voilà une question régulièrement posée à chaque nouveau pic de chaleur estival. Et cette année, alors que la canicule a débuté dès le mois de juin à travers toute l’Europe, les hommes doivent se contenter de porter leurs habituels pantalons.

Mais en 2017, plus question de se laisser imposer ce « dress code ». Mardi 20 juin, six conducteurs de la société de transport de l’agglomération nantaise (SEMITAN) ont décidé de protester contre cette règle de façon insolite. France Bleu Loire Océan rapporte que ces derniers se sont vus refuser le port d’un bermuda au travail malgré la chaleur extrême de ces derniers jours. Si eux sont forcés à porter des pantalons, leurs collègues femmes, elles, ont le droit de mettre des jupes. Alors, c’est dans cet uniforme féminin qu’ils sont arrivés au travail.

©DR – Les chauffeurs nantais à l’initiative de « la journée de la jupe ».

« En période caniculaire, nous atteignons des températures proches de 50 degrés derrière nos pare-brises. Et comme nous n’avons pas de climatisation dans nos bus, c’est insupportable. Il y a là une forme de discrimination. Les conductrices peuvent mettre une jupe. Pas les hommes », a expliqué à la chaîne locale Gabriel Magner, responsable CFDT à la SEMITAN. Hermann Urvoy, l’un des cinq conducteurs, a ajouté à Paris Match France : « Contrairement à la plupart du temps, ici, ce sont les femmes qui sont avantagées par leur tenue. Certaines voudraient aussi pouvoir porter des bermudas pour être plus à l’aise, et nous soutiennent depuis le début ».

La Belgique aussi à court de shorts

« Si les hommes portent des shorts à la STIB ? Ça non ! », assure avec légèreté une porte-parole du service de transports en commun bruxellois. Qu’importe la saison, l’uniforme est obligatoire pour toute une série d’employés, dont le personnel de vente et d’accueil, et les chauffeurs de bus, trams et métros. Et « les bermudas ou les pantacourts ne font pas partie de l’uniforme », affirme la porte-parole. Et un changement du règlement n’est pas à l’ordre du jour, bien que la question ait été posée par les syndicats.

©DR – Dans les cabines des chauffeurs, la température peut grimper jusqu’à 50 degrés.

De l’autre côté de la Manche, c’est une initiative semblable qui a fait parler d’elle. Le Mirror rapporte que plusieurs adolescents d’une école de Devon, un comté du sud-ouest de l’Angleterre, ont choisi, eux aussi, de venir en jupe. Malgré la chaleur insupportable, la direction de l’établissement avait fait savoir que tout élève portant un short serait immédiatement placé en heure de colle. Moqueuse, une enseignante avait même déclaré : « Mais vous pouvez venir en jupe si vous voulez ». Il n’en fallait pas plus pour que les cinq camarades la prennent au mot et arrivent habillés de cette façon le lendemain. « Et comme on leur a dit que c’était ok s’ils étaient en jupe la veille, ils n’ont rien pu faire contre eux », a commenté une mère dans le quotidien britannique.

Leur coup de gueule a eu un tel impact que 50 autres garçons ont décidé de les suivre dans cette démarche, demandant à leurs camarades de leur prêter des jupes.

La robe comme arme

À Londres, un employé de bureau a été renvoyé chez lui après être arrivé au travail en short. Sa direction lui a demandé d’aller se changer mais au lieu de se vêtir de son classique pantalon, c’est en robe qu’il a fait son retour. Pari gagné puisque finalement, le jeune homme a reçu un mail de son entreprise expliquant que désormais, en cas de forte chaleur, les « gentlemen sont autorisés à venir en short long et de couleur sombre ».

Si les hommes revendiquent de sortir leurs jambes des vieux carcans, pour les femmes aussi, le droit de porter ce que l’on veut n’est pas encore acquis partout. En Turquie, un triste fait divers fait parler de lui dans de nombreux médias européens : une femme a été agressée violemment dans un bus parce qu’elle y portait un short. Une tenue qui n’a pas plus à un autre usager masculin, qui lui a demandé si elle n’avait pas honte de s’habiller ainsi en plein ramadan, avant de la gifler.

Selon le Hürriyet Daily NewsMelisa Sağlam a porté plainte contre son agresseur. « Je ne cherche pas à discréditer le ramadan, l’islam ou diffamer la religion. Cette personne m’a attaquée, m’a harcelée et m’a frappée. Tout le monde dans le bus a regardé, y compris le conducteur, mais personne n’est intervenu », a déclaré la jeune femme.

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