Paris Match Belgique

À Paris, l’ouverture sauvage des bouches d’incendie transforme la ville en piscine géante

Vidéo Société

La Tour Eiffel a eu tellement chaud ces derniers jours que les Parisiens n’ont eu aucun scrupule à ouvrir clandestinement les bouches d’incendie pour se rafraîchir.

La tendance prend une ampleur sans précédent et tend à devenir un véritable fléau urbain. On la surnomme le Street Pooling (pour « piscine de rue ») et à Paris, elle connaît un succès tout particulier depuis la fin du mois de mai. Apparue lors de la canicule de 2015, cette mode est pointée du doigt par les pompiers de la ville.

Lire aussi : Sur les ponts de Paris, les cadenas des amoureux vendus aux enchères

En pleine vague de chaleur, voir les rues de Paris se transformer en piscine open-air peut sembler plutôt plaisant. Rien de tel qu’un tonique rafraîchissement par le jaillissement des geysers d’eau. Tandis que les thermomètres parisiens affichaient jusqu’à 39°C, les habitants n’ont pas hésité à ouvrir les vannes et à sortir le maillot de bain.

Une perte équivalente à 240 piscines olympiques

Un phénomène dont l’ampleur devient critique en Île-de-France, alerte le n°1 français de la gestion de l’eau. « La journée du mercredi 21 juin a vu le phénomène des ouvertures intempestives de bouches et poteaux incendie prendre une ampleur non connue à ce jour », a averti  le groupe Veolia dans un communiqué. Sur le territoire du Syndicat des eaux d’Ile-de-France où le volume d’eau distribué a augmenté de près de 50%, l’ouverture sauvage des bouches d’incendie a entraîné la perte de 150 000 mètres cubes, « soit l’équivalent de 60 piscines olympiques », précise Veolia.

Avec 600 000 mètres cubes d’eau gaspillés en quatre semaines sur toute la région parisienne, c’est l’équivalent de 240 piscines olympiques qui s’est écoulé dans les égouts de la ville. Un gaspillage énorme – passible d’une lourde amende, voire même d’un séjour en prison – qui inquiète de plus en plus les pompiers.

Cela crée une pénurie d’eau pour les interventions incendie mais également un risque électrique si les geysers d’eau produits touchent les lignes électriques.

Coup de gueule des pompiers

Sur les quatre derniers jours de canicule, la BSPP (Brigade de sapeurs-pompiers de Paris) a recensé qu’un millier de bouches à incendie ont été ouvertes « sauvagement » à Paris et dans les trois départements de petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis).

Agacés par ce qui semble amuser la galerie, les hommes du feu rappellent que la tendance « n’est pas sans danger et sans conséquence » dans les colonnes du Parisien. Accidents d’électrocution, risques de glissades et de chutes sur la chaussée, sans compter la pénurie d’eau pouvant être préjudiciable pour la brigade des pompiers en cas d’incendie.

Aussi à Lille, Roubaix et Tourcoing

La région parisienne n’est évidemment pas la seule concernée. Sur la même période, 600 appareils ont été ouverts dans le nord de France, provoquant la perte de 100 000 mètres cube d’eau, principalement à Lille, Roubaix et Tourcoing.

Lire aussi : Dix piscines extérieures sublimes en Belgique

Tandis que plusieurs mairies tentent de sensibiliser les forces de la police nationale pour qu’elles puissent fermer le plus vite possible les bornes ouvertes, Veolia « en appelle au civisme et à la responsabilité des usagers » pour mettre fin aux « ouvertures intempestives », qui « représentent un danger pour tous » en cas d’incendie et sont aussi à l’origine d’inondations et de blessures.

 

CIM Internet