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Chili : Qui est Gabriel Boric, le nouveau président qui a battu l’extrême droite

Chili : Qui est Gabriel Boric, le nouveau président qui a battu l'extrême droite

Gabriel Boric, le soir de son élection le 19 décembre 2021. | © JAVIER TORRES / AFP

Société

Le candidat de gauche a été élu à seulement 35 ans.

 

Les rues de Santiago comme dans de nombreuses villes du Chili ont explosé de joie à l’annonce de la victoire du candidat de gauche Gabriel Boric sur son adversaire d’extrême droite, José Antonio Kast, dimanche au second tour de la présidentielle. L’un des plus jeunes dirigeants au monde a remporté l’élection 55,87 % des voix contre 44,13 % pour son adversaire, un admirateur de la dictature d’Augusto Pinochet soutenu par l’ensemble de la droite chilienne.

Leader étudiant, député à 27 ans, président à 35, Gabriel Boric souffle un vent de jeunesse sur la politique chilienne. Depuis les bancs de l’université de droit à Santiago, ce millenial à la barbe épaisse aspire à transformer radicalement son pays. « Si le Chili a été le berceau du néolibéralisme en Amérique latine, il sera aussi son tombeau », avait-il déclaré lors de sa proclamation de candidature. Depuis, le ton s’est modéré, et il expliquait à l’AFP vouloir instaurer au Chili « quelque chose qui, en Europe, parait assez évident : garantir un État-providence afin que chacun ait les mêmes droits, quel que soit l’argent qu’il a dans son portefeuille ».

Rendre le Chili moins inégalitaire

Il a construit sa critique de la démocratie dans laquelle il a grandi et qui a perpétué un modèle économique établi sous la dictature (1973-1990) faisant du Chili le pays le plus inégalitaire de l’OCDE, avec une classe moyenne endettée pour pouvoir payer les frais d’éducation, de santé et une retraite privée.

Il est l’héritier politique du soulèvement social de 2019 pour une société plus juste qui a remis en question « le modèle de développement et a demandé pourquoi ce que nous pensions être des droits sociaux étaient privatisés, pourquoi l’éducation était un privilège et non un droit, pourquoi il y avait des soins de santé pour les riches et les pauvres, pourquoi les retraites étaient un business ».

 

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En couple avec une politologue, sans enfant, il est originaire de l’extrême sud du Chili, de Punta Arenas, l’une des villes les plus australes du monde considérée comme la porte de l’Antarctique, sur les rives des eaux glacées du détroit de Magellan. Il a grandi aux côtés de ses deux frères cadets dans une famille sympathisante des partis socialiste et démocrate-chrétien, et a étudié à la British School de sa ville avant de rejoindre l’université de Santiago, où il n’a pas fini son cursus diplômant.

Son père, Luis Boric, un ancien ingénieur-chimiste de 75 ans, raconte que son fils a commencé à forger ses idéaux politiques dès son plus jeune âge avec les messages « soyons réalistes, exigeons l’impossible » ou « la raison fait la force » peints sur le mur de sa chambre. Sa mère dit avoir toujours été « opposée aux responsabilités » qu’il prenait à la faculté de peur qu’il ne rate ses études. En 2011-2012, Gabriel Boric est devenu président de la Fédération des étudiants de l’université du Chili (FECH) lors du grand mouvement étudiant réclamant une réforme du système éducatif, essentiellement privé.

« Son honnêteté et sa transparence sont deux de ses plus grandes vertus »

En 2013, il a utilisé la maison familiale comme quartier général de campagne pour son premier combat législatif, rassemblant amis et bénévoles, et remporté l’année suivante le siège de député de la région de Magallanes. Cette victoire a changé la vision de sa mère : « je me suis rendu compte que pour Gabriel, c’était un apostolat et j’ai arrêté de me battre (…) je voulais une vie plus confortable, plus classique » pour lui, dit Maria Soledad Font. « Son honnêteté et sa transparence, son ouverture au dialogue, sont deux des plus grandes vertus de Gabriel, et chez un futur président pour le Chili, c’est crucial », dit de lui son frère Simon Boric, un journaliste de 33 ans.

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Dès son plus jeune âge, Gabriel Boric a eu un grand amour des livres et tissé aussi un lien très fort avec ses racines à Punta Arenas, la ville qui au début du XXe siècle a accueilli ses aïeux migrants, croates et catalans. « Ça me détend de lire beaucoup », dit à l’AFP l’homme au bras tatoué d’un phare éclairant une île déserte. « Je viens du sud de la Patagonie, là où le monde commence, là où toutes les histoires et l’imagination se rejoignent, dans le détroit de Magellan, qui a inspiré tant de beaux romans. »

Avec l’AFP

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