Sébastien Joris et son supérieur contredisent le ministre de l’Intérieur Jan Jambon

Sébastien Joris et son supérieur contredisent le ministre de l’Intérieur Jan Jambon

De Buysscher et Joris devant le Parlement belge. | © BELGA / ERIC LALMAND

Société

Sébastien Joris, l’officier de liaison accusé d’avoir manqué de réactivité à la suite du renvoi du futur terroriste Ibrahim El Bakraoui par les autorités turques, s’est défendu aujourd’hui publiquement devant le Parlement. Désormais soutenu par son supérieur, Sébastien Joris conteste les accusations de Jan Jambon proférées le surlendemain de sa réunion du 23 mars 2016 avec les chefs de la police et Bart De Wever.

L’officier de liaison de la police fédérale en Turquie, Sébastien Joris, a défendu ce vendredi devant la commission d’enquête parlementaire la façon dont il s’était occupé du dossier d’Ibrahim El Bakraoui, l’un des terroristes du 22 mars.

Cette audition publique fait suite aux révélations de Paris Match sur la présence du président de la N-VA Bart De Wever, au lendemain des attentats belges, à une réunion avec les responsables de la police au cabinet de Jan Jambon. 48 heures après cette longue entrevue, le ministre de l’Intérieur avait décidé d’incriminer devant le Parlement et la presse Sébastien Joris comme le seul coupable de manquements en amont des attentats. Joris avait alors été accusé d’avoir laissé filer le futur terroriste en manquant d’informer sa hiérarchie à temps.

Au cours de cette réunion, il avait en effet été question de reconstituer le fil des évènements ayant eu lieu entre le 26 juin et le 14 juillet, date à laquelle les autorités turques avaient renvoyé Ibrahim El Bakraoui vers Schipol en avertissant la Belgique et les Pays Bas au tout dernier moment, et trop tard pour l’intercepter.

Joris n’avait pas participé à cette réunion pourtant décisive dans le dossier, puisque c’est à ce moment que M. Jambon avait décidé de démissionner, avant de se raviser le lendemain et d’accabler le surlendemain l’officier en l’accusant d’avoir manqué d’implication et de proactivité.

Sébastien Joris et Peter De Buysscher « désavouent » Jan Jambon

« En mon âme et conscience, je considère que j’ai traité le dossier comme je devais le faire », a déclaré l’officier de police. Il est revenu longuement aujourd’hui sur le déroulé des événements depuis le 26 juin 2015, date à laquelle il avait été averti de l’arrestation, quinze jours plus tôt, du futur kamikaze à Gaziantep, à proximité de la frontière syrienne.

« Je n’ai pas pu garantir au ministre ce soir-là qu’aucune faute n’avait été commise », a également expliqué M. De Buysscher, qui était quant à lui présent à la réunion du 23 mars, à l’inverse de Sébastien Joris. Il affirme que les réunions qui ont suivi la fameuse rencontre avaient permis de constituer une ligne du temps bien plus précise, qui avait été transmise au ministre, comme l’avait dévoilé le journaliste Frédéric Loore de Paris Match.

Peter De Buysscher

©BELGA / ERIC LALMAND – Le commissaire Peter De Buysscher a aujourd’hui tourné le dos au ministre Jan Jambon, dont il conteste les accusations contre Sébastien Joris.

 

Plusieurs éléments ressortent de cette audition, dont les grandes difficultés de la police à obtenir des informations des autorités turques dans des délais raisonnables. Celles-ci ne communiqueront par exemple le motif terroriste de l’arrestation que des mois plus tard. Il apparaît également qu’il était impossible d’être au courant à temps des conditions de la libération conditionnelle dont bénéficiait le futur terroriste, et qui lui interdisaient de se rendre à l’étranger. Le soutien du commissaire De Buysscher à l’officier Sébastien Joris, qu’il décrit désormais comme irréprochable dans l’affaire du signalement d’El Bakraoui, vont également à l’encontre des accusations répétées du ministre Jambon.

Avec Belga

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