Irak : Les derniers premiers chrétiens. La Belgique solidaire

Irak : Les derniers premiers chrétiens. La Belgique solidaire

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Aidés par leurs frères de Belgique, ils n’ont que leur foi pour affronter les ravages de Daech.

 

La plaine de Ninive, qui s’étend au nord de Mossoul, est redevenue un sanctuaire fragile pour les chrétiens. Durant deux ans et demi, elle a été occupée en grande partie par Daech qui y a exercé sa tyrannie. Les réfugiés qui rentrent dans les villages libérés découvrent des habitations dévastées, des églises profanées, des existences ruinées. Ces ravages ont été causés, soit volontairement par les djihadistes de l’État islamique (E.I.) résolus à faire disparaître la chrétienté dans cette partie de l’Irak, soit accidentellement lors des combats pour la reprise du territoire menés par les combattants kurdes et les milices chrétiennes, avec l’appui aérien de la coalition internationale.

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Désormais, ceux qui ont choisi de rentrer tentent de ramener la vie dans les localités comme dans les lieux de culte. Ils luttent pied à pied pour reconstruire leur foyer et se bâtir un avenir auquel beaucoup ne croient plus. Ils étaient un million et demi en 2003, ils ne sont plus que 250 000 aujourd’hui et l’exode vers une nouvelle terre promise en Europe ou aux États-Unis se poursuit. Le CSCO (Comité de soutien aux chrétiens d’Orient), une association belge créée en juin 2014 et qui regroupe toutes les Églises orientales représentées en Belgique, tâche de leur venir en aide pour faire en sorte que les descendants des premiers chrétiens ne soient pas les derniers sur la terre d’Irak.

La croix et la Kalach

Qaraqosh, première ville chrétienne d’Irak, a subi les pires outrages de la part des combattants du « califat ». L’église de l’Immaculée conception, la deuxième plus grande d’Orient, a été entièrement brûlée. 62 % des habitations ont subi des destructions et la cité déploie un décor d’apocalypse : immeubles aux façades mitraillées, poteaux électriques arrachés le long des rues jonchées de décombres, magasins pillés, carcasse de voitures calcinées, etc.

Depuis sa libération en octobre 2016, seulement quelques dizaines de familles membres de la communauté syriaque catholique sont revenues s’y installer. Bagdad est censée assurer leur sécurité, mais pour revivre sous le signe de la croix sans craintes d’une attaque ou d’une tentative d’enlèvement toujours possibles, la minorité préfère s’en remettre aux miliciens chrétiens des Unités de protection de la plaine de Ninive (NPU) armés de Kalachnikov.

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Dans toutes les conversations, le mot « sécurité » revient avec insistance. C’est la première préoccupations des chrétiens de la plaine de Ninive. Cette terre, peuplée de minorités et gorgée de pétrole, est au centre d’une lutte de pouvoir entre le gouvernement central irakien et celui de la région autonome kurde qui entendent chacun y exercer la tutelle. Les principaux concernés ne savent pas trop à quel saint se vouer : même si les responsables ecclésiastiques chaldéens penchent plutôt en faveur d’Erbil, tandis que les syriaques catholiques sont plus proches de Bagdad, les fidèles hésitent sur l’option qui garantirait le mieux leur tranquillité.

Retrouvez le reportage complet de nos envoyés spéciaux en Irak ce jeudi dans Paris Match Belgique.

 

 

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