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À Bali, les touristes mangent de la viande de chien sans le savoir

En plus d'être cruelles, les méthodes d'abattage sont dangereuses pour la santé des touristes. | © Animals Australia

Société

Chaque année, 70 000 chiens sont enlevés en pleine rue, tués puis mangés à Bali. Rien de bien nouveau, sauf que, dans ce cas-ci, le consommateur est un pauvre touriste inconscient.

De passage à Kuta Bali l’été passé, vous aviez dégusté une bonne brochette de poulet saté qui vous fait encore saliver ? Dommage, c’était peut-être du chien. Une enquête d’Animals Australia, une association pour la défense des droits des animaux, a récemment révélé le trafic de viande de chien qui prospère sur les plages et dans certains restaurants de l’île indonésienne et destinée à la consommation humaine et plus particulièrement aux touristes. L’ONG rapporte également que 70 000 chiens sont tués chaque année à Bali, soit sept fois que lors du festival tristement connu et vivement contesté de Yulin, en Chine. Un chiffre glaçant.

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Vendu délibérément aux touristes

« Non seulement la souffrance des chiens est horrible, mais les touristes alimentent involontairement le commerce. Le plupart d’entre eux n’ont aucune idée que les lettres RW à l’extérieur des restaurants à Bali indiquent que de la viande de chien y est desservie, affirme dans un communiqué datant du 19 juin, Lyn White, directrice des enquêtes pour l’ONG. De plus, les vendeurs de viande de chien ambulants visent délibérément les touristes sur la plage et sont déjà prêts à mentir à propos de l’origine de la viande pour la vendre ».

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Ce n’est pas du chien, hein ? Non, non… © Animals Australia

Étranglés, frappés, empoisonnés

Si la consommation de chien n’est pas illégale en Indonésie, les méthodes d’abattage, elles, le sont. Les chiens sont capturés dans la rue puis enfermés dans des cages de bambous ou dans des sacs de riz. « Les chiens terrifiés attendent d’être abattus la nuit avec les pattes attachées et les gueules muselées », explique l’association Animals Australia sur son site.

Si l’association a pu obtenir ces informations, c’est grâce à un enquêteur infiltré dans cet horrible business. Dans une vidéo, vivement déconseillée pour les âmes sensibles, on peut y voir les chiens pendus par le cou, empoisonnés ou encore frappés jusqu’à la mort durant la nuit, puis vendus sur les plages à des touristes qui demandent plusieurs fois « No dog ? » (pas du chien ?), croyant naïvement aux « No, no » du vendeur.

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Risque pour la santé public

En plus d’être cruelles, ces méthodes d’abattage sont dangereuses pour la santé des touristes qui risquent une intoxication alimentaire. Dans le cas de l’empoisonnement, le cyanure subsiste dans l’organisme des chiens et pénètre ainsi leur chair. Les taux de concentration de cyanure observés dans certaines parties, notamment l’estomac et le cœur, peuvent s’avérer fatal pour l’homme, selon Andrew Dawson, directeur du centre d’information sur les poisons de Nouvelle-Galles du Sud, interviewé par la chaîne ABC.

Par cette investigation, Animals Australia souhaite mettre un terme au marché de la viande de chien à Bali, tout comme une vaste majorité des Balinais. Pour cela, l’association a directement interpellé le gouvernement  avec qui elle veut collaborer pour améliorer la condition des animaux de l’île indonésienne. « Nous avons rencontré des représentants du gouvernement et avons souligné la nécessité d’agir d’urgence, vu les risques sur la santé et les conséquences du marché sur le bien-être animal », affirme White. Une pression internationale ne serait pas inutile pour atteindre cet objectif, l’association a alors lancé une pétition.

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