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Trafic d’ânes : le Botswana interdit l’exportation de ses ânes vers la Chine

Des milliers d‘ânes sont tués chaque année en Afrique pour être vendus en Chine. | © Flickr : Swathi Sridharan

Société

Prisés par le Chinois pour leur peau et leur chair, les ânes sont abattus et exportés illégalement depuis les pays en voie de développement.

Après le trafic d’organes des éléphants birmans, c’est au tour des ânes africains d’être la cible des consommateurs chinois.

Pas seulement prisés pour leur viande – qui orne les tables des restaurants de certaines régions de Chine – les ânes sont surtout appréciés pour leur peau, supposée satisfaire les besoins de la médecine traditionnelle.

« Abattages cruels et indiscriminés »

Succédant au Niger, au Sénégal, au Mali et au Burkina Faso, le Botswana décide à son tour d’interdire le juteux commerce des peaux d‘âne sur son territoire. L’objectif ? Enrayer le trafic en encadrant ou en interdisant les ventes d‘ânes à l‘étranger.

Ce mercredi 28 juin, le ministère de l’Agriculture du pays a annoncé la suspension pour une durée illimitée des autorisations d’exportation de viande et de peaux d‘ânes, selon un communiqué rapporté par l’AFP.

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L’an dernier, le Botswana – comme le Kenya – avait pourtant légalisé le commerce des ânes pour assécher les exportations illégales. Si le pays se rétracte aujourd’hui, c’est pour dénoncer et faire cesser les “abattages cruels et indiscriminés d‘ânes”, selon les propos du ministère.

Les autorités du Botswana ont également exhorté les éleveurs du pays à redoubler de vigilance pour protéger leur bêtes.

Peau d’âne aux vertus médicinales

Chaque année, des milliers d’ânes sont tués dans les pays en développement, notamment en Afrique, pour ensuite être consommés ailleurs dans le monde. Principale consommatrice, la Chine a vu sa population d‘ânes chuter de 11 millions dans les années 1990 à 6 millions en 2013, selon les statistiques de Pékin, rapporte l’AFP.

Si le cousin du cheval est si réputé chez nos voisins Chinois, c’est pour les supposées vertus médicinales présentes dans la peau de l’animal. Riche en gélatine, on l’utilise pour lutter contre les insomnies ou pour retarder la ménopause. Sous forme de boisson et baptisée « ejiao », la peau d’âne est également servie à l’heure de l’apéro, accompagnée de noix et de graines.

 

 

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