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Adélaïde Charlier : « Les femmes ont 14 fois plus de chance de mourir lors de catastrophes naturelles » (VIDEO)

Adélaïde Charlier est activiste pour le climat et pour les droits humains. | © Rencontre avec Adélaide Charlier

Société

Selon l’Organisation des Nations Unies, les femmes ont 14 fois plus de chance de mourir lors de catastrophes naturelles que les hommes. On estime que 70 % des personnes décédées lors du tsunami de 2004 en Asie étaient des femmes. Adélaïde Charlier, activiste pour le climat et pour les droits humains, nous explique pourquoi.

Par Audrey Forman.

 

Face au déséquilibre écologique, tout le monde n’est pas affecté de manière égale. Les femmes sont les premières victimes. Selon Adélaïde Charlier, cela aurait une explication : « Quand on prend les chiffres des citoyens les plus pauvres du monde, 70% d’entre eux sont des femmes ». Les femmes sont alors moins éduquées, ont moins facilement accès aux différents emplois et sont donc moins aptes à rebondir lors de catastrophes naturelles. Dans les pays sous-développés, ce sont elles qui assurent la presque entièreté des activités agricoles dont dépendent leurs revenus. Lors de sécheresses ou d’inondations, cette dépendance envers les ressources naturelles provoque une insécurité alimentaire. Les rendements agricoles diminuent, les contraignant à travailler plus pour gagner moins. Dans certaines sociétés, la position centrale des femmes au sein du foyer les oblige à nourrir en priorité leur mari et leurs enfants, au détriment de leur propre santé. Ce sont d’ailleurs les filles qui, en cas de perturbations climatiques, abandonnent le plus rapidement l’école afin de travailler et d’aider leur famille.

« Quand on regarde l’Histoire, on voit que les femmes se sont levées principalement pour des causes sociales, ce ne sont pas elles qui ont mené des combats de guerre pour des territoires ».

En 2020, le nombre de déplacements suite à des catastrophes naturelles a atteint des records. Les femmes, contraintes de fuir leur habitat, s’exposent alors à l’insécurité et notamment aux risques d’agressions sexuelles. Selon les chiffres de l’ONU, 20% des femmes qui parviennent à fuir subiraient des violences sexuelles. Durant leur migration, le manque d’éducation les expose aussi à de nombreux risques, principalement car elles n’ont pas appris à nager, à grimper, ou tout simplement à courir.

Un rôle essentiel dans la lutte pour le changement

Des études prouvent que les femmes sont plus conscientisées à l’urgence climatique que les hommes. Dans les pays sous-développés, ce sont elles qui mettent en place des actions concrètes. Selon les Nations Unies, ce sont également les plus disposées à s’adapter aux changements environnementaux pour protéger leur famille et leur communauté. Enfin, ce sont elles qui mènent de meilleures politiques climatiques, quand elles en ont le pouvoir.

Les femmes sont en effet encore très peu représentées parmi les décideurs climatiques. « Il y a plus de 197 pays dans le monde, et seulement 16 d’entre eux ont une femme qui dirige » explique Adélaïde. Selon la jeune activiste belge, la faible présence de femmes aux différentes COP (conférences des parties) pour le climat témoigne parfaitement de ce manque de représentation.

Se battre pour parvenir à une égalité de genre, et ce même dans les pays sous-développés, est donc primordial : « Le fait d’inclure la femme nous permettra d’avoir encore plus de nouvelles idées créatives qui nous permettront de réagir face à l’urgence climatique », conclut Adélaïde.

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