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Scandale du Samusocial : Yvan Mayeur quitte le PS

Yvan Mayeur reste "un militant sans parti" | © BELGA / LAURIE DIEFFEMBACQ

Société

L’ex-bourgmestre de la Ville de Bruxelles Yvan Mayeur a adressé à la présidente de la commission de vigilance du PS un courrier annonçant sa démission du parti. Mis en cause dans le dossier du Samusocial, Yvan Mayeur avait annoncé qu’il quittait son poste de bourgmestre le 8 juin dernier.

Dans le courrier annonçant sa démission, Yvan Mayeur a fait son mea culpa : « j’ai probablement commis des erreurs, je le regrette profondément… Je reste un militant socialiste sans parti », a-t-il notamment écrit à Jacqueline De Baets. L’agence Belga, qui a obtenu une copie du courrier, l’a diffusé dans son intégralité : « ma chère Jacqueline, je te prie de bien vouloir enregistrer ma présente démission du Parti Socialiste. C’est le coeur gros que je t’écris ces mots. Je suis un militant socialiste. J’ai toujours pensé agir dans l’intérêt de notre idéal, dans ma section et à la base, mais également dans les différentes fonctions que j’ai eu l’honneur d’occuper, au parlement, au CPAS de Bruxelles, dans les hôpitaux publics et à la Ville de Bruxelles. Le Samusocial que j’ai contribué à créer a permis de mettre des milliers de grands exclus à l’abri. Nous y avons créé 300 emplois dans un secteur social difficile. J’ai probablement commis des erreurs. Je le regrette profondément. Je regrette aussi de ne pas avoir pu m’en expliquer avec nos autorités régionales. Je te remercie de bien vouloir informer la Commission de ma démission qui voudra peut-être malgré tout entendre ce que j’ai relaté aux deux délégués que j’ai rencontré la semaine dernière. Je reste un militant socialiste, sans-parti ».

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Rémunérations conséquentes

La démission d’Yvan Mayeur survient alors que la commission de vigilance du PS devait statuer sur l’exclusion de l’ancien bourgmestre de Bruxelles, mais aussi de l’ex-présidente du CPAS Pascale Peraïta. Pour rappel, les deux représentants PS au sein du Samusocial avaient bénéficié de rémunérations extrêmement élevées, soit 113.400 euros de jetons de présence entre 2008 et 2016 pour Pascale Peraïta, et 112.980 euros, pour Yvan Mayeur. Indécent, selon l’opinion publique mais aussi le politologue de l’ULB Pascal Delwit, qui rappelait que « le milieu de l’aide sociale est un domaine où il y a énormément de bénévoles, qui s’impliquent sur le terrain sans rémunération ni même sans reconnaissance sociale. Forcément, quand on apprend que des politiques déjà bien rémunérés et disposant de voitures de fonction se rémunèrent, le Parti socialiste est très affecté par les retombées ».

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« Choqués »

Et les équipes du Samusocial aussi : dans les couloirs de l’organisme, le refrain est unanime. « Scandalisés », « choqués », « écoeurés » : les équipes font face tant bien que mal, alors que les dons sont en chute libre depuis la révélation du scandale. Avec un message : « quoi qu’il se passe pour l’instant au niveau de l’administration, il faut continuer à se battre pour ce que l’on fait ». 

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