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À Mayotte, les tortues menacées par le braconnage

Selon les estimations, plus de 230 tortues marines auraient été braconnées à Mayotte en 2016. | © Flickr : timh*78

Société

Des membres de l’association Sea Sheperd ont surpris des braconniers en train de tuer à la machette des tortues marines.

La scène s’est déroulée dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 juin. En pleine patrouille, des volontaires de l’association de conservation de la faune et de la flore marines Sea Sheperd ont surpris des braconniers en train de tuer des tortues marines sur les plages de Mayotte.

Traquées et décapitées

Égorgées et lardées de coups de couteaux et de hachette, les tortues sont sauvagement abattues sur les plages du pays, traquées par les braconniers pendant leurs pontes d’œufs. Avec en moyenne cinq pontes par saison de reproduction, les braconniers profitent de ces périodes pour chasser la tortue marine.

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« Les volontaires en patrouille ayant interrompu les braconniers, ceux ci ont pris la fuite en laissant sur place machette, couteaux et une tortue égorgée agonisante qui a connu une mort lente et douloureuse », témoigne l’organisme sur son site. « La nuit suivante, quatre autres têtes ont été retrouvées, sur la même plage, deux appartenaient à des tortues décapitées dans les 24 heures précédentes, les deux autres ont été tuées dans la semaine. Les têtes avaient été enterrées dans le sable et recouvertes de pierres mais elles ont été mises à nu par la marée », déplore Sea Shepherd.

Espèce protégée

Aux Comores, tout particulièrement à Mayotte, la tortue est très appréciée pour sa viande. Selon les estimations, plus de 230 tortues marines auraient été braconnées à Mayotte en 2016. Un chiffre qui approche même 300 en 2015 d’après le Réseau d’échouage mahorais de mammifères marins et de tortues marines (Remmat). « Le recensement entrepris tout au long de l’année par le réseau ne reflète que la partie visible du braconnage, révélée par les traces et ossements laissés sur les plages : il n’est qu’une sous-estimation du nombre réel d’actes de braconnage sur Mayotte », précise le réseau.

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Sur l’archipel des Comores, cinq espèces parmi les tortues en voie de disparition sont concernées par le braconnage, de la tortue verte, la plus courante, à la tortue imbriquée, qui est l’espèce la plus menacée. Face à ces pratiques illégales visant une espèce protégée, l’association Sea Sheperd vient de lancer l’opération « Nyamba » – pour « tortue » en mahorais. Une mission de surveillance accrue visant à dissuader les braconniers. « Nos équipes patrouillerons activement les plages à risque afin de dissuader le braconnage par leur présence », indique l’association. « Cette mission est une première à Mayotte mais sans doute pas la dernière. Elle répond au cri d’alarme que nous ont envoyé des mahorais, soucieux de voir leur île dépérir loin des préoccupations de la métropole ».

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