Paris Match Belgique

Olga, jeune maman, a sauvé sa fille à Kiev :«Je l’ai couverte à temps, ça lui a sauvé la vie»

Olga et sa fille Victoria, blessées à Kiev, le 20 mars 2022.

Société

Olga, une jeune mère, a protégé sa fille de six semaines d’éclats d’obus à Kiev. Une image devenue virale, qui illustre les civils ukrainiens visés malgré les dénégations de la Russie.

D’après un article Paris Match France de La Rédaction

Une égratignure, quelques bleus, mais plus de peur que de mal. L’hôpital pédiatrique Okhmadet de Kiev, en Ukraine, a diffusé la photo d’Olga tenant dans ses bras sa petite Victoria. La jeune mère a protégé de son corps le bébé de six semaines, lors d’un bombardement sur la capitale. Dans les secondes suivant la frappe, Olga a craint le pire pour son bébé, a-t-elle raconté à l’agence Reuters: «J’étais blessée à la tête, le sang a commencé à couler, à couler sur le bébé. Je ne comprenais pas, j’ai cru que c’était son sang.» C’est son compagnon Dmytro, le père de la fillette, qui l’a rassurée : «C’est ton sang, pas le sien». Elles ont été blessées par l’explosion de leurs fenêtres, causée par la déflagration d’un bâtiment résidentiel non loin.  L’image de la mère et sa fille est devenue virale, illustration des civils ukrainiens visés, près d’un mois après le début de l’invasion russe.

Olga et sa fille Victoria, blessées à Kiev, le 20 mars 2022.
Olga et sa fille Victoria, blessées à Kiev, le 20 mars 2022. © Okhmatdyt Children’s Hospital / Reuters

Olga attribue le salut de la petite Victoria aux gestes qu’elle venait d’avoir quelques minutes avant, alors qu’elle l’allaitait : «C’est ce qui lui a sauvé la vie : je l’ai couverte à temps. Puis Dmytro a sauté sur nous et nous a protégé, aussi.» Elle présente des coupures et marques au visage, un bandage autour du front, mais elle va bien. «Il n’y a rien d’autre à faire à part rester positifs, croire que le pire est passé, que c’était la chose la plus horrible qui pouvait nous arriver», a-t-il complété, alors que les forces russes tentent toujours, sans y parvenir encore, d’encercler Kiev.

La crainte pour les habitants de Marioupol assiégée

Près d’un mois après le début de l’invasion russe de l’Ukraine -toujours qualifiée d’«opération militaire spéciale» par le Kremlin-, les autorités ukrainiennes ont déploré le décès d’au moins 60 civils. Dans la nuit de dimanche à lundi, au moins six personnes ont été tuées à Kiev, dans un bombardement visant un centre commercial. La situation est critique à Marioupol, assiégée par les forces russes, qui ont proposé à l’Ukraine un ultimatum : «Nous demandons aux autorités officielles de Kiev d’être raisonnables et d’annuler les instructions données précédemment, qui obligeaient les militants à se sacrifier et à devenir les « martyrs de Marioupol »», avait assuré Mikhail Mizintsev, directeur du Centre national russe de gestion de la défense.

Une reddition refusée par les Ukrainiens, qui ont dénoncé «une manipulation délibérée et une véritable prise d’otages» des quelques 300 000 personnes qui se trouveraient toujours dans la ville portuaire -cruciale pour contrôler le littoral sur la mer d’Azov-, privés d’électricité et d’eau courante, et alors que les frappes s’y abattent de façon quasi-continue depuis deux semaines. Iryna Verechtchouk, vice-Première ministre ukrainienne, a précisé sur Telegram : «Les occupants continuent à se comporter comme des terroristes. Ils disent qu’ils sont d’accord (pour instaurer un) corridor humanitaire et le matin, ils bombardent le lieu d’évacuation. Le gouvernement fait tout ce qui est possible. La chose la plus importante pour nous est de sauver la vie et la santé de nos citoyens.» Elle a assuré que des soldats russes avaient transporté de force un millier d’habitants de Marioupol vers la Russie et que «350 enfants vont être emmenés de force en Russie sans nous permettre de les récupérer».

CIM Internet