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Kiev accuse la Russie de « génocide », Moscou dément… le point sur la guerre en Ukraine

Kiev accuse la Russie de « génocide », Moscou dément… le point sur la guerre en Ukraine

De nombreux corps ont été découverts dans les rues de Boutcha, en Ukraine. | © RONALDO SCHEMIDT / AFP

Société

Situation sur le terrain, réactions internationales, sanctions: le point sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

 

Kiev accuse la Russie de « génocide »

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé dimanche la Russie de commettre un « génocide » en Ukraine pour éliminer « toute la nation », après la découverte de nombreux corps à Boutcha, ville au nord-ouest de Kiev, à la suite du départ des forces russes.

« Je veux que tous les dirigeants de la Fédération de Russie voient comment leurs ordres sont exécutés. Ce genre d’ordres (…). Et ils ont une responsabilité commune. Pour ces meurtres, pour ces tortures, pour les bras arrachés par des explosifs (…) Pour les balles tirées dans la nuque », a déclaré M. Zelensky dimanche soir, ajoutant qu’un « mécanisme spécial » allait être créé pour enquêter sur tous les « crimes » russes. Les corps de 410 civils ont pour le moment été retrouvés dans les territoires de la région de Kiev récemment repris aux troupes russes, a annoncé dimanche la procureure générale d’Ukraine Iryna Venediktova.

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Moscou dément avoir tué des civils

Le ministère russe de la Défense a assuré dimanche que ses forces n’avaient pas tué de civils à Boutcha. « Pendant la période au cours de laquelle cette localité était sous le contrôle des forces armées russes, pas un seul résident local n’a souffert d’actions violentes », a déclaré le ministère.

Il a affirmé que les images de cadavres dans les rues de la ville étaient « une nouvelle production du régime de Kiev pour les médias occidentaux ».

Le chef de l’ONU choqué

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit dimanche « profondément choqué par les images de civils tués à Boutcha ». Le Bureau des droits de l’homme de l’ONU a estimé que la découverte de fosses communes à Boutcha soulevait de sérieuses questions concernant de « possibles crimes de guerre », soulignant l’importance de conserver toutes les preuves. Les Etats-Unis et l’Otan ont exprimé dimanche leur horreur tandis que le chancelier allemand Olaf Scholz a réclamé de nouvelles sanctions contre la Russie. « Nous déciderons de nouvelles mesures entre Alliés dans les prochains jours », a assuré ce dernier.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a condamné les meurtres « choquants et horrifiants » de civils à Boutcha. « Nous condamnons fermement le meurtre de civils en Ukraine, restons mobilisés pour faire rendre des comptes au régime russe », a tweeté M. Trudeau.

Le pape est « disponible »

« Je suis disponible », a déclaré le pape, au terme d’une visite-éclair à Malte. « Le Saint-Siège fait tout son possible » pour faciliter un règlement du conflit, a-t-il assuré, confirmant qu’un déplacement à Kiev faisait partie des options mais « je ne sais pas s’il pourra avoir lieu, ni s’il serait utile ». François a part ailleurs affirmé qu’une rencontre avec le patriarche orthodoxe russe Kirill –-qui soutient Vladimir Poutine et a justifié fin février l’intervention militaire russe– était toujours « à l’étude ». « Nous y travaillons et nous pensons au Moyen-Orient pour le faire », a-t-il déclaré. Lors d’une messe en plein air devant au moins 12 000 personnes dans la capitale La Valette dimanche matin, il avait dénoncé « la guerre sacrilège » déclenchée par la Russie dans une « Ukraine martyrisée ».

Explosions à Odessa

Une série d’explosions ont secoué dimanche matin Odessa, principal port de l’Ukraine, sur la mer Noire, dans le sud-ouest du pays, ont constaté des journalistes de l’AFP. Elles n’ont pas fait de victime, selon l’armée ukrainienne. La Russie a indiqué avoir mené des frappes par « des missiles maritimes et terrestres de haute précision » qui ont, selon elle, « détruit une raffinerie et trois sites de stockage de carburants et de lubrifiants » près d’Odessa. Par ailleurs, une personne a été tuée et quatorze blessées dans une frappe russe à Mykolaïv, ville-verrou sur la route d’Odessa, selon le gouverneur de la région.

guerre en ukraine
© FADEL SENNA / AFP

Dans l’est de l’Ukraine, une frappe russe sur un hôpital à Roubijne a fait un mort et trois blessés, selon le gouverneur de la région. Au moins sept personnes ont été tuées et 34 blessées dans une frappe russe dimanche sur un quartier d’habitation à Kharkiv, grande ville du nord-est de l’Ukraine, a annoncé le parquet local. A Dergatchi, tout près de Kharkiv, « au moins trois personnes sont mortes et sept ont été blessées » également dans le bombardement d’un quartier d’habitation, a indiqué son maire.

Manifestation réprimée dans le sud

Les forces russes ont ouvert le feu dimanche pour disperser une manifestation contre leur présence à Khakovka, ville occupée du sud de l’Ukraine, faisant un nombre indéterminé de blessés, a affirmé Lioudmyla Denissova, chargée des droits humains auprès du Parlement ukrainien.

La population fuit Kramatorsk

Des centaines de personnes ont fui dimanche la ville de Kramatorsk, dans l’est de l’Ukraine, par peur d’une possible offensive russe sur cette partie du pays, a constaté l’AFP.

Pourparlers

Le négociateur en chef russe dans les pourparlers de paix avec l’Ukraine, Vladimir Medinski, a salué dimanche une position « plus réaliste » selon lui de Kiev, prêt sous conditions à accepter un statut neutre du pays, réclamé par Moscou. « La partie ukrainienne a adopté une approche plus réaliste des questions liées au statut neutre et dénucléarisé de l’Ukraine », a dit M. Medinski. Le négociateur en chef ukrainien, David Arakhamia, avait affirmé samedi que Moscou avait accepté « oralement » toutes les positions ukrainiennes, « sauf en ce qui concerne la question de la Crimée ».

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