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L’arrière petite-fille de Tolstoï a choisi d’accueillir des réfugiés ukrainiens chez elle

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Marta Albertini, arrière-petite fille de Léon Tolstoï, discute avec Anastasia Sheludko, une réfugiée ukrainienne qu'elle loge dans sa maison de Lens, dans le sud de la Suisse. | © Fabrice COFFRINI / AFP.

Société

Marta Albertini, arrière-petite-fille du grand écrivain Léon Tolstoï, accueille des réfugiés ukrainiens dans sa maison en Suisse.

L’arrière-petite-fille de Léon Tolstoï se mobilise pour aider les réfugiés ukrainiens arrivant chez elle, en Suisse. Sous le regard de son ancêtre, elle écoute intensément les horreurs qu’a vécues Anastasia Sheludko avant de fuir l’Ukraine pour la Suisse. L’invasion de l’Ukraine par le pays natal de son illustre ancêtre a été un choc immense, confie Marta Albertini à l’AFP, poussant la dame de 84 ans à vouloir faire quelque chose.

« C’était instinctif », confie celle qui prête un appartement à Anastasia Sheludko et sa mère, dans le petit village alpin de Lens, non loin de la station très huppée de Crans-Montana. Madame Albertini a ôté les photos de famille qui tapissaient les murs du chalet mais a laissé en place un grand portrait de l’auteur de Guerre et Paix et Anna Karénine.

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Marta Albertini. © Fabrice COFFRINI / AFP.

Il se serait dit : « Quelle horreur, à quoi sommes-nous arrivés ? », assure Marta Albertini. Tolstoï, qui a connu la terrible guerre de Crimée et le siège de Sébastopol au début des années 1850, était un pacifiste, rappelle-t-elle.

Les deux visages de la Russie

Elle partage son indignation avec beaucoup de membres de sa vaste famille et ils l’ont fait savoir par courrier à Vladimir Poutine. Pourquoi? « Parce que nous sommes contre les horreurs qui ont été perpétrées maintenant, on a envahi un pays innocent désireux seulement de garder ses frontières », explique-t-elle même si elle imagine que le président russe « a dû regarder (ses lettres) et les jeter à la poubelle. »

Toute la famille ou presque. Piotr Tolstoï, lui aussi arrière-petit-fils de l’illustre écrivain russe, est lui un proche de Vladimir Poutine et vice-président de la Douma, la chambre basse du parlement en Russie. Dans « C’est pas tous les jours dimanche » sur RTL TVI, il y a quelques semaines, il tentait de justifier l’invasion russe en Ukraine en rejetant la faute sur l’Union européenne et l’OTAN.

Ses propos avaient fait réagir le député fédéral George Dallemagne. « Je suis profondément choqué et heurté par la violence et la brutalité de ses propos et par le fait qu’il s’agit de contre-vérités absolues », avait-il réagi avant de conclure : « Il salit le nom de son arrière-grand-père qui avait fait avancer l’humanité ».

Anastasia Sheludko a de son côté commencé à rebâtir sa vie. La jeune femme, sweat gris et lunettes qui lui mangent le visage, va à l’université de Sierre, non loin de Lens. Elle a abandonné des études de traductrice et « me voilà à nouveau une aspirante spécialiste de l’informatique », dit-elle dans un rire.

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Anastasia Sheludko et Marta Albertini. © Fabrice COFFRINI / AFP.

Mais il s’éteint vite quand elle se rappelle sa vie d’avant « paisible et normale ». Et puis « un matin tu te réveilles et ton aéroport a été bombardé à 05H00 du matin et ta vie ne sera plus jamais la même », se souvient-elle. Elle se souvient aussi des dix jours passés dans une cave avant de prendre la route vers l’ouest. Et de son grand frère et de ses grands-parents laissés derrière elle.

L’arrivée en Suisse a été un soulagement et « l’accueil très gentil, très chaleureux ». « J’ai eu la chance d’avoir cet appartement qui m’a permis de le faire (…) C’est tout », dit simplement la descendante de l’éminent écrivain.

Avec agences

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