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Le monde « ne traite pas de la même façon les crises affectant les Noirs et les Blancs », dit l’OMS

Tedros Adhanom Ghebreyesus

Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS. | © JOHANNA GERON / POOL / AFP.

Société

Le monde « ne traite pas de la même façon les crises affectant les Noirs et les Blancs », a affirmé mercredi le directeur général de l’OMS, comparant l’attention portée à l’Ukraine et celle accordée à d’autres pays.

« Toute l’attention portée à l’Ukraine est très importante, bien sûr, parce que cela a un impact sur le monde entier, mais pas même une fraction (de cette attention) n’est donnée au Tigré (la région de l’Éthiopie dont il est originaire et soumise à un blocus dévastateur, NDLR), au Yémen, à l’Afghanistan, la Syrie et tout le reste », a pointé Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’une conférence de presse ce mercredi à Genève.

Lors de celle-ci, le directeur général de l’organisation a également affirmé que la pandémie liée au coronavirus reste une urgence de portée internationale. Il a annoncé mercredi à Genève qu’il acceptait les recommandations à l’unanimité du Comité d’urgence qui estime que « la situation est loin d’être terminée. »

« Certains pays voient encore de graves augmentations de cas »

Les experts indépendants se sont réunis lundi, comme tous les trois mois, pour évaluer la situation. Ces dernières semaines, ils ont discuté des composantes qui pourraient permettre de considérer que le coronavirus n’est plus une urgence de portée internationale. « La situation est loin d’être terminée » tant la propagation du virus et la mortalité restent importantes, a dit à la presse le président du comité, Didier Houssin.

Il appelle à maintenir la surveillance et les tests. Et d’estimer qu’il faudra une combinaison de facteurs épidémiologiques et de l’attitude des gouvernements et des populations pour lever cette urgence internationale. « C’est le moment de travailler encore plus dur pour sauver des personnes » infectées par le coronavirus, a ajouté de son côté M. Tedros. Même si le nombre le plus bas de décès a été observé la semaine dernière depuis presque le début de la pandémie, « certains pays voient encore de graves augmentations de cas », a-t-il insisté. Celles-ci mettent « la pression » sur les centres de santé.

L’OMS surveille deux récents sous-lignages d’Omicron. Peu de séquençages ont été identifiés pour le moment, a affirmé une épidémiologiste de l’organisation. Mais ces composantes ne semblent pas être plus contagieuses ou dangereuses. De nouvelles variations du coronavirus vont continuer d’être observées, affirme également l’OMS. De même, alors que les efforts pour un accord international contre les pandémies a été lancé, le chef du programme d’urgence de l’organisation Michael Ryan redoute que les dispositifs et les infrastructures établis pendant cette pandémie ne soient pas maintenus. Là où ceux-ci restent, des personnes sont sauvées et l’économie s’améliore, a insisté de son côté l’épidémiologiste.

Avec agences

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