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Syndrome du choc toxique : une étude pointe les risques de la coupe menstruelle

Écologique, pratique et économique, la coupe menstruelle a le vent en poupe depuis quelques années. | © Instagram : soniaencinass

Société

Selon l’étude, les tampons hygiéniques ne favoriseraient pas les chocs toxiques. En tous cas, bien moins que la coupe menstruelle.

Les témoignages font froid dans le dos. Nausées, hallucinations, diarrhées. En pleine menstruation, nombreuses sont les femmes qui ont subi le calvaire du choc toxique. Un syndrome rare mais loin d’être anodin, provoqué par l’accumulation du sang bloqué par le tampon dans le vagin et qui favoriserait le développement du staphylocoque doré.

Tampons dédouanés

Avec l’augmentation significative des cas observés, le supposé « grand coupable » a vite été pointé du doigt : le tampon. Longtemps soupçonné d’être toxique pour les femmes porteuses du staphylocoque doré, le tampon hygiénique semblerait ne pas être à l’origine du développement de cette bactérie. C’est pourtant ce que tout le monde craignait.

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En voulant vérifier la dangerosité des tampons hygiéniques, le Centre national de référence du staphylocoque des Hospices Civils de Lyon (HCL) en a déduit une conclusion toute autre. Bien plus dangereuse que les tampons, c’est la coupe menstruelle qui se voit remise en cause.

La cup plus risquée que le tampon

Sous collecte de près de 700 tampons usagés, les analyses font disparaître toutes suspicions sur le tampon. « Contrairement au tampon Rely, retiré du marché américain dans les années 1980, aucun dispositif ne stimule la production de la toxine qui déclenche le choc toxique », résume le rapport publié ce mardi 4 juillet par le HCL. « Les produits semblent avoir un effet neutre, voire bloquer le développement du staphylocoque », ajoute le professeur Gérard Lina, chef de service du centre, estimant que le choc toxique résulterait « d’un défaut d’information » sur l’utilisation du tampon.

Actuellement, les tampons ont le même statut que le mouchoir en papier.

Appelant à encadrer la vente des tampons hygiéniques « comme des produits de parapharmacie », les auteurs de l’étude pointent également du doigt une autre protection hygiénique qui – jusqu’à présent – avait le vent en poupe. La coupe menstruelle – plus communément appelée « Mooncup » – présenterait bien plus de risques que le tampon, selon l’étude. Le récipient en silicone laisserait en effet pénétrer une quantité d’air plus importante, l’oxygène favorisant davantage la croissance du staphylocoque.

© Centre national de référence du staphylocoque des Hospices Civils de Lyon (HCL).

Puisque « ce n’est pas la nature des tampons qui favorise les chocs toxiques, il faut en revoir l’utilisation et améliorer la prévention », conclut le Pr Lina. Les fabricants de tampons précisent dans les notices de ne pas les laisser en place plus de huit heures, « c’est trop » juge-t-il.

Du bon usage de la protection hygiénique

Qu’il s’agisse de la coupe ou du tampon, les auteurs du rapport conseillent ainsi de ne pas garder une protection en soi plus de quatre à six heures et encore moins pendant la nuit, où il est préférable d’utiliser la serviette hygiénique. « Quand on les utilise correctement, le risque est moindre, mais pas de zéro », conclut le Pr Lina.

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Afin d’encourager une meilleure prévention, entraînant une meilleure connaissance des habitudes d’utilisation, l’équipe du Pr Lina a lancé une enquête nationale sur l’usage des tampons. « L’idée n’est pas de diaboliser les tampons, car ils sont indispensables pour la liberté des femmes. Mais je pense qu’on peut encore progresser dans l’information qui leur est délivrée. »

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