Finie, l’expérimentation animale en Wallonie ? Pas si les scientifiques ont le dernier mot

Finie, l’expérimentation animale en Wallonie ? Pas si les scientifiques ont le dernier mot

Les expériences sur les animaux devraient être un dernier recours pour le ministre. | © Flickr @ Oliver Goldthourpe

Société

Pour de nombreux chercheurs, laboratoires et entreprises du secteur pharmaceutique, le projet de code wallon du bien-être animal menace l’expérimentation animale, rapporte Le Soir. Le texte « est en cours d’affinage » et fera l’objet de concertations, précise cependant le cabinet du ministre compétent Carlo Di Antonio.
Dans une lettre de l’université de Liège (ULg) adressée aux autres établissements universitaires et aux centres de recherche, les scientifiques partagent leur crainte d’une volonté de faire disparaître l’expérimentation animale. « Tout est mis en place pour que cette disparition soit progressive », indique Eric Haubruge, premier vice-recteur de l’ULg. Le projet est inspiré par l’antispécisme, qui refuse la discrimination entre les espèces animales, et freine la recherche, déplorent les signataires de la lettre. En remplaçant l’expérimentation animale par d’autres méthodes, le code « annihile toute possibilité de recherche préclinique sur des médicaments en Région wallonne », ajoutent-ils. Le texte ne passera pas devant le gouvernement wallon ce jeudi, comme initialement prévu, précise-t-on du côté du cabinet du ministre Di Antonio.

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Dernier recours

Un délai qu’il ne faut certainement pas interprèter comme une défaite. Carlo Di Antonio est en effet très clair à ce sujet : pour le ministre, « l’expérimentation animale ne doit se justifier qu’en dernier recours, à savoir lorsque la santé humaine en dépend. Cette pratique est à la base de découvertes importantes dans les mécanismes biologiques des maladies et de leur traitement, et son remplacement n’est pas encore réalisable dans plusieurs domaines de recherche ». Afin de limiter l’utilisation d’animaux dans les expérimentations au strict nécessaire, il insiste toutefois régulièrement sur la nécessité de concentrer les efforts sur le développement et l’application des méthodes alternatives fiables.

Dommages irréversibles

Un domaine dans lequel la Belgique est à la traîne. Sur les 97.803 expériences menées sur des animaux en région bruxelloise en 2014, 29 %, étaient qualifiées de sévères. Soit des expériences qui peuvent entraîner la mort de l’animal, des maladies graves irréversibles, ou de la souffrance psychique. Dans la catégorie des expériences dites sévères, on retrouve aussi les chocs électriques auxquels les animaux ne peuvent pas échapper et les exercices physiques forcés qui mènent à l’épuisement. Des statistiques qui placent la Belgique parmi les plus mauvais élèves au rang mondial.

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