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Traque antiterroriste à Bruxelles : les raisons de prendre la menace au sérieux

Suite aux récentes perquisitions, le niveau de la menace terroriste a été maintenu à 3. | © AFP PHOTO / Emmanuel DUNAND

Société

Suite aux nombreuses perquisitions menées à Anderlecht dans le cadre d’un dossier de terrorisme, tout laisse à penser que la menace est bien réelle.

Au lendemain d’un important coup de filet anti-terroriste, la Belgique pourrait bien craindre un nouvel attentat. Après la série de perquisitions menées à Anderlecht depuis ce mercredi 5 juillet, les autorités sont toujours à la recherche de suspects, tant à Bruxelles que dans le nord de la France.

Menace niveau 3

Dans la nuit de mardi à mercredi, les enquêteurs ont mené six perquisitions dans la commune d’Anderlecht dans le cadre d’un dossier de terrorisme du parquet fédéral. Trois kalachnikovs et un riot gun ont été trouvées lors d’une d’entre elles. Quatre personnes ont été emmenées pour audition, dont deux ont été placées sous mandat d’arrêt.

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Les personnes interpellées feraient en outre partie de l’entourage des Kamikaze Riders, un groupe de motards dont deux de ses membres, Saïd Saouti et Mohamed Karay, ont été condamnés en octobre 2016 à trois et six ans de prison pour participation aux activités d’un groupe terroriste.

Suite à ces récentes découvertes, le niveau de la menace terroriste en Belgique n’a pas été réévalué. Ainsi a-t-il été maintenu à 3 (menace possible et vraisemblable) sur une échelle de 4.

La crainte d’un nouvel attentat

À ce jour, plusieurs suspects seraient encore recherchés. Les services de sécurité craignent que les personnes recherchées se sente prise au piège, selon des informations révélées ce jeudi 6 juillet par la VRT, et puissent commettre un attentat. Le quotidien flamand Het Nieuwsblad a par ailleurs ajouté que les enquêteurs n’excluent pas que la cellule terroriste n’ait pas été entièrement démantelée et qu’au moins un suspect serait encore en liberté.

Nous craignons la même réaction que le 22 mars.

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Un scénario qui se révèle similaire à celui du 22 mars 2016, jour de la double attaque perpétrée à Bruxelles qui a fait 32 morts. Pour rappel, après l’arrestation de Salah Abdeslam du 18 mars 2016 à Forest, le commando des attentats de Bruxelles s’était senti acculé et était passé à l’action cinq jours plus tard. « Nous craignons qu’ils se sentent acculés après les perquisitions. Nous craignons par conséquent la même réaction que le 22 mars », a déclaré Eric Van der Sypt, un porte-parole du parquet fédéral. « On ne sait jamais comment ces gens vont réagir », a-t-il précisé, tout en soulignant n’avoir « aucun élément » concret indiquant qu’un attentat était imminent. « Rien ne va dans cette direction », a-t-il voulu rassurer.

Inquiétude des policiers

Pour Vincent Gilles, président du SLFP Police, les découvertes de cette traque antiterroriste apparaît comme « indéniablement inquiétante ». Selon lui, la découverte des uniformes peut signifier deux choses : les suspects s’apprêtaient à organiser soit une attaque visant la population – sous le couvert d’une action policière -, soit un assaut d’un commissariat. Lorsqu’un policier constate la perte de son uniforme, « il doit le signaler », relève M. Gilles. « Les agents sont bien conscients, surtout ces deux dernières années, que ce n’est pas anodin. »

Nous sommes en droit de nous inquiéter.

Aussi, d’après la CSC Police, le fait que des personnes suspectées de participer aux activités d’un groupe terroriste soient en possession d’uniformes « conforte l’idée que nous (les policiers, ndlr) sommes et continuerons d’être des cibles particulières ». Pour Stéphane Deldicque, délégué permanent de la CSC Police, l’origine de ces uniformes est primordiale. « S’agit-il de copies ou de véritables uniformes ? Dans ce dernier cas, c’est extrêmement inquiétant car ils proviendraient soit d’un vol, soit d’une complicité interne ce qui serait très délicat », réagit-il. « Ce n’est pas rassurant pour les policiers si les criminels arrivent à se procurer des biens d’équipements authentiques. »

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Une réunion se tiendra mercredi prochain entre les représentants des polices fédérale et locale et du ministre de l’Intérieur, Jan Jambon. « Nous allons notamment discuter de ce qui vient de se passer et voir si des mesures peuvent être mises en place pour l’éviter », précise M. Deldicque.

– Avec Belga

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