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Le guide pour travailler avec les Wallons… par des Flamands

On n'a pas les mêmes collègues ni les mêmes habitudes au travail, qu'on soit Flamand ou Wallon. | © Jonas Hamers/ImageGlobe

Société

Ce n’est pas une nouveauté : les Flamands et les Wallons sont différents, et ce, même au travail. Voic cinq conseils pour bien collaborer, de chaque côté de la frontière linguistique.

 

Arrivé au bureau, on claque la bise à ses voisins, on s’arrête un moment pour le premier petit « kawa » de la journée, on prend des nouvelles des enfants de sa collègue préférée, on débriefe la dernière saison de House of Cards avec son patron et on attrape un cookie offert par le nouveau de la compta. Ça y est, la journée peut commencer. Côté flamand, on est déjà derrière son écran depuis un bon quart d’heure, les mails triés et les miettes du fameux cookie entre les touches de son clavier. Cela « résume parfaitement les différences entre les deux communautés du pays : les uns donnent la priorité à l’efficacité, les autres à la communication et au contact humain », assure Het Laatste Nieuws, relayé par Daar Daar.

Dans un article, le quotidien flamand s’est interrogé sur les différences qui séparaient les Flamands des Wallons sur le plan professionnel. Plus familiers, mais moins directs et attachés aux conventions, ces derniers seraient parfois à prendre avec des pincettes… pour la bonne cause. « S’il y a bien une chose sur laquelle tout le monde s’accorde, c’est qu’il vaut mieux embrasser ces différences culturelles plutôt que d’essayer de les faire disparaître », assure-t-on du côté de Het Laatste Nieuws, qui en profite pour dresser les cinq commandements à appliquer quand on est un Gantois ou un Anversois qui travaille avec un Liégeois ou un Carolo.

1/ Votre collègue vous embrasserez

Selon le journal et les personnes interrogées, le Wallon serait adepte du « bisou au boulot ». Alors quand on arrive, on se claque la bise et on fait un brin de causette. « À la différence des Flamands, les Wallons attachent énormément d’importance à la socialisation avant de commencer le travail », professe l’article. On évite par contre d’être trop familier avec ses patrons, sauf s’ils le sont eux-mêmes.

2/ Le sandwich au-dessus du clavier vous éviterez

Ce n’est pas que le collègue wallon est particulièrement maniaque, non. Mais il préfère que vous mangiez votre tartine à table, avec tout le monde, histoire de relâcher la pression avec tout le monde. So-cia-li-ser, on a dit.

3/ Avant de tutoyer vous attendrez

Le travailleur wallon est un homme – ou une femme – de paradoxes. S’il est d’emblée porté sur la causette décomplexée, il aime pourtant être vouvoyé – un temps seulement. « En Flandre, nous avons tendance à jongler entre le tutoiement et le vouvoiement sans trop y prêter attention. En Wallonie, les habitudes sont plus formelles », explique Het Laatste Nieuws.

4/ Par quatre chemins vous passerez

Le Wallon serait-t-il susceptible ? En tout cas, les critiques trop directes liées à son travail seraient prises très personnellement. Les Flamands se doivent donc d’être aussi diplomate que possible.

5/ Patient vous serez

Scribouillards et prudents, les Wallons aiment tout mettre par écrit : « pas étonnant que leurs contrats soient souvent plus volumineux que les nôtres », rigole le journal. Les négociations sont plus complexes, car plus précises : on aime savoir dans quoi on s’engage, en Wallonie. « N’espérez pas que tout se règle rapidement si vous négociez avec des Wallons », prévient-on.

Et lorsqu’on est francophone et qu’on travaille avec des Flamands, c’est bien simple : il suffit de tout reprendre à l’envers. On ne s’offusque pas du mutisme matinal de ses collègues et on se contente d’un salut de la main, on profite de son temps de midi pour se mettre à jour de l’actualité, on met sa politesse exacerbée de côté et on est direct, que diable – promis, vos interlocuteurs ne bouderont pas. On n’est pas bien, là, en Belgique ?

 

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