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Menaces de viol, misogynie, vidéos macabres… L’historique en ligne du tireur d’Uvalde

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Image d'illustration. | © Jintak Han/ZUMA Press Wire.

Société

Abattu mardi dernier après avoir ouvert le feu dans une école primaire du Texas et tué 21 personnes, Salvador Ramos continue à livrer ses sordides secrets grâce à sa présence en ligne.

D’après un article Paris Match France de La Rédaction

Dans la tête du tueur d’Uvalde. Salvador Ramos, 18 ans, a été abattu mardi dernier après avoir commis une fusillade dans une école primaire. Au total, 21 personnes dont 19 enfants ont été assassinées dans cette tragédie. Alors qu’une majorité de l’opinion publique et les représentants démocrates tentent de pousser pour un meilleur contrôle des armes à feu, du côté des républicains, on affirme que la santé mentale serait la principale cause de ce massacre. Ouvertement pro-armes et particulièrement critiqué pour ses positions à ce sujet, le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a déclaré : «En tant qu’Etat, en tant que société, nous devons faire un meilleur travail concernant la santé mentale. Quiconque commet une tuerie a des problèmes mentaux. C’est induscutable. Nous devons trouver un moyen de cibler ce défi et faire quelque chose pour en venir à bout».

Depuis la tuerie, les révélations à son sujet montrent l’adolescent comme un garçon troublé mais surtout très violent. Harcelé à l’école en raison d’un bégaiement, il avait abandonné le lycée ces derniers mois et ne comptait pas y revenir. Sa présence en ligne est aujourd’hui disséquée afin de tenter de comprendre ses motivations. Les messages publiés le jour du massacre ont déjà été dévoilés. Il y annonçait avoir tiré sur sa grand-mère (grièvement blessée) et être prêt à passer à l’acte dans l’école primaire. Il avait également contacté une jeune fille sur Instagram, lui affirmant avoir «un secret à lui dire». Cette dernière ne le connaissait pas personnellement et ne vivait pas au Texas.

Menaces de mort en ligne

Mais c’est surtout sur le réseau social Yubo qu’il aurait laissé le plus de traces. Plusieurs utilisateurs de cette plateforme qui permet de discuter en direct en vidéo, ont affirmé à CNN qu’il avait à plusieurs reprises montré les armes qu’il s’était offertes le jour de ses 18 ans, menaçant de les utiliser pour commettre des fusillades dans des écoles. Il aurait également dit à de nombreuses jeunes filles qu’il allait les violer. Hannah, une jeune canadienne de 18 ans, aurait notamment signalé Salvador Ramos à la plateforme après qu’il a menacé de venir dans son établissement pour la violer et la tuer, elle et sa mère. Après avoir été banni temporairement, il avait pu revenir sur l’application. D’après le New York Post, plusieurs utilisateurs avaient surnommé l’adolescent «Le tueur des écoles» avant même son passage à l’acte la semaine dernière. Une adolescente de 17 ans a affirmé à Sky News avoir été menacée par le meurtrier dans l’un des forums ouverts à la discussion. Il s’était mis à lui envoyer des messages privés l’obligeant à lui répondre sinon quoi il s’en prendrait à elle. Après avoir promis de l’aimer, il lui aurait finalement dit de «se jeter du haut d’un pont» après n’avoir pas reçu de message de sa part.

Yubo, créé par des Français et dont le siège est basé à Paris, a réagi dans un communiqué, se disant «particulièrement attristé par ces pertes inimaginables» et a affirmé «coopérer pleinement avec la police». La sécurité de la plateforme a plusieurs fois été mise en cause dans d’autres affaires criminelles, indique CNN. L’attitude violente de Salvador Ramos a également été décrite par d’anciens collègues du fast-food dans lequel il travaillait. D’après le Daily Beast, il se montrait «parfois très méchant envers les filles et l’un des cuisiniers». Il aurait menacé ce dernier en lui disant : «Tu sais qui je suis ?». «Il envoyait aussi des messages inappropriés aux filles», a commenté cette collègue. L’un des managers du restaurant a expliqué au New York Times que le meurtrier avait travaillé là durant environ un an et avait démissionné le mois dernier. «Vous savez, mes gars parlent entre eux et sont amis. Lui, il n’était pas comme ça. Personne ne le connaissait vraiment», a-t-il déclaré.

Aucune information sur sa santé mentale

Ouvertement misogyne en ligne, Savaldor Ramos était selon une utilisatrice de Yubo citée par le Sun, «le genre de type qu’on rencontre souvent en ligne, sur ces applications, le genre bizarre qu’on ignore juste». Il était également selon elle homophobe et raciste et utilisait l’application comme un moyen de partager sa colère et sa haine. Le New York Post s’est de son côté procuré une vidéo dans laquelle il transporterait des chats morts dans un sac. «Il était connu pour faire du mal aux chats», a affirmé un proche au quotidien américain. «Il aimait faire du mal aux animaux. On m’a dit qu’il avait tué un chat et transporté un sac entier de cadavre en rigolant. Cette vidéo montre qu’il n’était pas bien dans sa tête. Tout aurait dû donner l’alerte».

Santos Valdez Jr., qui était ami avec lui dans le passé, a fait savoir au Washington Post que l’attitude de l’adolescent avait commencé «à se détériorer» et qu’il était de plus en plus isolé. Il se serait un jour coupé la lèvre en deux avec un couteau «juste pour s’amuser». Malgré ces nombreux signaux, la police a fait savoir au New York Times qu’il n’avait jamais été traité pour des problèmes psychologiques et qu’aucune information sur sa santé mentale n’était inscrite dans son dossier médical. C’est donc facilement qu’il a pu se procurer le fusil d’assaut utilisé le jour du massacre, ainsi que ses munitions.

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