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Des associations alertent sur les dangers de la nage commerciale avec les dauphins

Les associations ont lancé une pétition pour interdire la nage commerciale avec les dauphins. | © Flickr : israeltourism

Société

En ce début de l’été, plusieurs associations environnementales ont alarmé du danger de nager avec les dauphins.

C’est une pratique oh combien répandue, notamment aux abords de la Méditerranée française. De plus en plus d’entreprises proposent aux touristes des escapades en mer parmi les dauphins.

Pour beaucoup, nager main dans la nageoire – avec celui que l’on considère comme l’un des meilleurs amis de l’homme – relève du rêve ultime. Fortes de leur succès, ces escapades maritimes « perturbent fortement les animaux ciblés », s’alarment les associations dans un récent communiqué.

« Rencontre unique et inoubliable »

Nageaveclesdauphins.com, Cala Rossa Dream… Plusieurs sont les entreprises qui proposent cette activité en Méditerranée, notamment sur les ports de la Côte d’Azur. « Envie de sensations et d’aventure ? » « Vous rêvez de nager parmi les dauphins, de voir les tortues et les baleines ? » « Rencontre unique et inoubliable ! » À coup de slogans aguicheurs et séduisants, les professionnels du secteur détiennent tous les ingrédients pour assouvir les plus grands désirs sous-marins.

Pour permettre aux touristes d’approcher au plus près les cétacés, les équipages traquent les dauphins à l’aide d’avions de basse altitude de manière à pouvoir les approcher d’encore plus près en bateaux. Considérée comme une pratique hors la loi de « harcèlement » sur les animaux dans leur milieu naturel, les sanctions peinent à se faire respectées.

Assistance à cétacés en danger

Dans un communiqué publié ce jeudi 4 juillet, les associations environnementales tirent la sonnette d’alarme. À la veille des vacances d’été, France Nature Environnement et d’autres associations écologistes préviennent des dangers que représentent les activités de « nage avec les dauphins ».

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« Cette pratique consiste à placer les clients dans l’eau à proximité immédiate des cétacés (dauphins, baleines et cachalots) préalablement traqués par des avions de repérage à basse altitude », explique ces associations. En plein sanctuaire marin « Pelagos », vaste zone de la Méditerranée où sont protégées ces espèces, « l’immersion d’un homme à proximité d’un cétacé provoque généralement l’interruption de l’activité d’alimentation et de reproduction de l’animal ou encore l’éclatement du groupe et la séparation des nouveau-nés et de leurs mères », poursuivent-elles.

Sans compter le danger « pour le client qui, dans la plupart des cas, méconnaît totalement le milieu et les mammifères marins et pour qui l’immersion en mer, et a fortiori au large, peut être dangereuse ».

Qui dit violation ne dit pas toujours sanction

Afin d’interdire la pratique, les associations lancent une pétition qui vise à renforcer la réglementation autour du sort des cétacés en Méditerranée. « Au niveau juridique, il existe plusieurs textes qui réglementent non pas spécifiquement le harcèlement des cétacés en Méditerranée mais, de manière plus générale, la perturbation des espèces protégées », expliquent-elles en précisant que « ces textes sont internationaux et nationaux » et que « leur violation n’entraîne pas toujours une sanction. »

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Les initiateurs de la pétition rappellent cependant que cette « nage commerciale avec les dauphins » et autres cétacés n’est pas à confondre avec les activités de « whale-watching » ou de « dolphin-watch », l’observation de mammifères marins depuis un bateau. Elles exhortent par ailleurs les entreprises visées à se convertir à cette pratique qui selon elles, est suffisamment réglementée et ne représente aucun danger pour l’espèce animale. « Lorsqu’elles sont bien menés, ces dernières peuvent être un moyen d’éducation à l’environnement et de sensibilisation sur la protection des cétacés », concluent-elles.

La riposte des professionnels

Ces accusations ont rapidement été balayées par les professionnels du secteur. Pour Isabelle Frémont, exploitante d’un bateau, les trois sociétés en activité en Méditerranée ont toutes établi une charte de bonne conduite. « Il n’y a danger ni pour les dauphins, qui adorent jouer dans les vagues des bateaux, ni pour les participants », assure-t-elle à l’AFP. « Ces associations, pour avoir des subventions, doivent montrer qu’elles protègent les dauphins. Du coup, elle s’acharnent sur nous », grince-t-elle.

 

 

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