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« Les travailleurs sont en train de crever! »… Voici pourquoi ces Belges ont manifesté ce lundi (VIDÉO)

Un comité fédéral se tiendra le 28 juin à la FGTB pour décider des prochaines étapes de la mobilisation... | © BELGA PHOTO NOE ZIMMER

Société

Selon le FGTB (syndicat socialiste), la manifestation nationale pour le pouvoir d’achat a rassemblé 80.000 personnes. « Pas touche à l’indexation automatique des salaires », ont clamé les responsables syndicaux pendant leurs discours. Ils préviennent déjà : « L’automne sera chaud ! »

 

« On me dit que nous sommes 80.000 aujourd’hui », s’est félicité Thierry Bodson, président de la FGTB. Selon lui, c’est le couronnement d’une mobilisation intense ces derniers mois. Les syndicats réclament une amélioration du pouvoir d’achat, en pleine flambée des prix, et une modification de la loi sur la norme salariale de 1996, qui cadenasse les négociations sur les salaires.

« Beaucoup de personnes puisent actuellement dans leurs réserves, pour peu qu’elles en aient. Beaucoup sont fragilisées et ont du mal à vivre », a souligné Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC.

Les syndicats dénoncent notamment l’opacité autour des prix de l’énergie en Belgique, où ils sont plus hauts que dans les pays voisins. « Faisons la transparence sur la facture d’énergie et changeons-la », a dit Marie-Hélène Ska.

Le syndicat chrétien dénonce aussi les frais de déplacement, que 20% des travailleurs prennent à leur charge. « Nous disons: stop au fait de payer pour travailler. Il faut que tout le monde puisse vivre de son travail. » « Nous passons d’une crise à l’autre et les travailleurs sont toujours au coeur de la tempête », a renchéri Olivier Valentin, secrétaire national de la CGSLB.

Les syndicats craignent une norme salariale proche de 0% pour le prochain accord interprofessionnel (AIP) 2023-2024. Cela signifie que les salaires n’augmenteraient pas plus que l’index. « Cette marge est étouffante », a déclaré Olivier Valentin. « On dit 0% pour le prochain AIP. Par contre, pour les dividendes, c’est ‘open bar’. »

Les responsables syndicaux ont promis un automne « chaud » s’ils ne sont pas entendus par le pouvoir politique et le patronat.

Pour la FEB un bel exemple de la politique de l’Autruche…

Les actions syndicales de lundi menées pour défendre le pouvoir d’achat des travailleurs constituent un bel exemple de politique de l’autruche, estime le CEO de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), Pieter Timmermans. Il a été confirmé par plusieurs instances, dont la Banque nationale récemment, que – contrairement à nos pays voisins – le pouvoir d’achat des familles est protégé par l’indexation automatique des salaires et des allocations, rappelle la fédération patronale.

« La BNB a calculé que l’indexation automatique des salaires entraînera une hausse des salaires de 5,5% respectivement en 2022 et en 2023. Cela signifie une augmentation du coût salarial total de plus de 11%, soit près de 5% de plus que ce qui est attendu dans nos trois pays voisins, ce qui porterait à nouveau notre handicap salarial absolu à environ 16%. »

 

©BELGA PHOTO JONAS ROOSENS

Bpost: 20% de collaborateurs absents en Wallonie, 10% en Flandre

La plupart des employés bpost sont au travail, indique lundi l’entreprise publique, en ce jour de manifestation nationale. La Wallonie et Bruxelles sont légèrement plus touchées par le mouvement de grève que la Flandre. « 80% des travailleurs ont pris leur service aujourd’hui à Bruxelles et en Wallonie, contre 90% en Flandre », explique la porte-parole de bpost. « La région de Liège-Luxembourg est la région où l’absentéisme est le plus important », poursuit-elle.

Bpost donnera la priorité au traitement des courriers prior et des colis, ainsi qu’au paiement des pensions. « Des perturbations sont encore attendues dans les prochains jours, mais tout devrait rentrer dans l’ordre assez rapidement », ponctue l’entreprise.

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