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Le gouvernement mexicain espionnerait des experts dans une enquête gênante

Un homme manifeste en face du siège du gouvernement. | © AFP PHOTO / ALFREDO ESTRELLA

Société

Un logiciel espion israélien permettrait au gouvernement mexicain d’espionner les experts enquêtant sur la toujours mystérieuse disparition de 43 étudiants.

Des experts internationaux de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) enquêtant sur la disparition de 43 étudiants au Mexique en 2014 ont été espionnés par le gouvernement mexicain, ont révélé lundi des chercheurs indépendants. Un téléphone utilisé par des experts a reçu des SMS permettant d’installer le logiciel espion de la société israélienne NSO, affirment ces chercheurs de l’Université de Toronto, sur fond de vaste scandale d’espionnage de journalistes, de militants des droits de l’homme et d’autres personnalités publiques secouant depuis plusieurs semaines le Mexique.

Les faits remontent à mars 2016, peu après que ce groupe d’experts eut émis des critiques « à l’encontre du gouvernement mexicain pour des ingérences dans leur enquête et tandis qu’ils préparaient leur rapport final », précisent les chercheurs. Selon eux, au moins 19 autres personnes ont été ciblées par le logiciel espion « dont des avocats, des hommes politiques, des journalistes, des militants anticorruption, des scientifiques« , ainsi que « des fonctionnaires et leurs familles ».

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©AFP PHOTO / Gonzalo ZAPATA – Les familles des 43 étudiants disparus manifestant à Cancun en juin dernier.

Mis au point par la société israélienne NSO, Pegasus permet de pirater les téléphones portables afin de surveiller les communications de leurs utilisateurs, mais aussi de prendre des photos et des vidéos à leur insu, voire de déclencher leur micro. Le scandale a éclaté le 19 juin après un article du New York Times révélant que ces mêmes chercheurs canadiens avaient découvert des tentatives d’espionnage avec ce logiciel, acheté selon ce quotidien par au moins trois organismes du gouvernement fédéral mexicain depuis 2011. La présidence mexicaine a démenti ces accusations d’espionnage et le parquet a ouvert une enquête.

Avec Belga

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