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Effet papillon : L’égalité entre les sexes peut réduire significativement la faim dans le monde

Ces enfants participent à une marche qui visent à attirer l'attention sur les problèmes d'accès à la propriété des femmes ougandaises. Lorsque leur mari meurt, elles sont obligées de laisser leur ferme, perdant ainsi tout leur capital économique. | © EPA/KATE HOLT

Société

Cantonnées à certains rôles et victimes de discriminations liées à leur genre, les femmes sont en position de faiblesse dans nos sociétés. Pourtant, leur donner accès aux mêmes chances que les hommes permettrait de réduire la faim dans le monde.

Un conflit qui frappe une région, une sécheresse inévitable, une vague de migrations incontrôlée, une maladie insidieuse qui gangrène un pays et la voilà : la crise humanitaire. Aveugle, elle cogne à tout va, les maisons, les corps, les estomacs, avec une préférence pour les plus fragiles… et les femmes.

Le World Food Programme, une organisation humanitaire luttant contre la faim dans 80 pays, l’assure : « les crises humanitaires aggravent presque toujours l’insécurité alimentaire et la malnutrition« , en même temps qu’elles « exacerbent également les inégalités entre les sexes et menacent d’inverser les gains de développement ». Car à armes peu égales, difficile de lutter contre la faim de la même manière, qu’on soit un homme ou une femme. Discriminées, violentées, mutilées, moins éduquées, peu éduquées et en moyenne moins riches, les femmes doivent davantage lutter pour leur survie économique et sociale. Ajoutons à cela une catastrophe locale et leurs chances de s’en sortir dignement chutent encore.

Les femmes, vecteurs de richesses

Ces 20 dernières années, le Programme alimentaire mondial a concentré une partie de ses efforts sur la lutte pour l’égalité des sexes. Quel rapport avec leur combat contre la faim ? C’est que, selon l’organisme, « l’élimination des inégalités entre les femmes et les agriculteurs hommes augmenterait la production agricole de 2,5 à 4% dans les pays en développement ».

100 à 150 millions moins de personnes affamées.

Quelques pourcents non-négligeables, puisqu’ils représentent une réduction de 12 à 17% de la faim dans le monde, soit « 100 à 150 millions moins de personnes affamées ». Rien que ça. « Un monde sans faim ne peut être atteint que lorsque chacun a des chances égales, un accès égal aux ressources et une voix égale dans les décisions qui façonnent leurs ménages, leurs communautés et leurs sociétés », martèle ainsi le Programme.

©EPA/LUONG THAI LINH – En ayant accès au marché du travail, à travers leur propre entreprise par exemple, les femmes diminuent leur chance de vivre la pauvreté.

#Goals

« Pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour toutes les personnes sans distinction, les politiques et les programmes d’aide alimentaire doivent créer des conditions qui favorisent, plutôt que de saper, l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes », conclut l’organisation. L’objectif d’égalité, a été endossé avec 16 autres par 193 leaders mondiaux membres des Nations unies en 2015. Les atteindre signifierait purement et simplement la fin de la pauvreté extrême, des inégalités et du changement climatique d’ici 2030. « Nos gouvernements ont un plan pour sauver notre planète… C’est notre boulot de s’assurer qu’ils s’y tiennent », encourage le Programme alimentaire mondial.

 

 

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