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Un Institut de l’islam à la rentrée des classes : pourquoi c’est nécessaire

Objectif : mettre en place un islam de Belgique | © Belga / LAURIE DIEFFEMBACQ

Société

Nouveau venu dans le paysage scolaire belge à la rentrée prochaine : l’Institut de promotion des formations sur l’islam. Avec un objectif ambitieux : unifier les discours pour créer un islam de Belgique. 

Pour ce faire, différents mécanismes seront mis en place, notamment des formations théologiques pour imams, aumôniers islamiques ou professeurs de religion islamique belges spécialement conçues et adaptées aux réalités belges. Ainsi que le rapportent nos confrères de La DH,  il s’agit de combler l’actuel vide existant en termes de formation des cadres musulmans, vide qui a pour conséquence que ceux-ci se forment à l’étranger, notamment en Égypte et en Arabie saoudite.

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Comité cosmopolite

Et si le cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt (PS) et l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) ont signé un protocole d’accord pour l’ouverture de l’Institut de l’islam à la rentrée, certaines questions subsistent. Notamment, le rôle accordé à l’EMB au sein de l’Institut. En effet, le décret fondateur attribue seulement trois des onze places du comité de direction à l’EMB, qui craint donc de se retrouver en minorité face aux trois sièges attribués à l’Ares (Académie de recherche et d’enseignement supérieur), trois aux représentants politiques et deux pour les deux futurs co-présidents Françoise Tulkens et Andrea Rea.

Leader fédérateur

Malgré ces doutes, un accord a été trouvé entre les différentes parties, qui ont adopté un processus de consensus pour les décisions à venir de l’Institut. Premier vote à l’ordre du jour : décider de la personne en charge de diriger l’Institut. Une décision de taille, qui s’effectue dans un contexte plombé par les attentats. Et si l’annonce de l’ouverture de l’Institut à la rentrée ne manquera pas de réveiller les populistes, sa présence en Belgique est pourtant plus nécessaire que jamais. Alors que la communauté musulmane de Belgique est scrutée depuis les attentats de Bruxelles, les fidèles manquent d’une personnalité fédératrice et progressiste qui pourrait contribuer à asseoir leur place dans la société belge.

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« Tendances radicales »

Ainsi que l’a expliqué l’islamologue Radouane Attiya à L’Avenir, « le leadership musulman a été gangrené par un islam conservateur extrêmement radical et qui est dans le déni. Il y a un imaginaire collectif qui pèse sur les consciences, tandis que l’Exécutif des musulmans de Belgique continue à évoluer en vase clos dans des tendances conservatrices et radicales ». La solution pour endiguer ces tendances radicales ? Passer d’un islam en Belgique à un islam belge. En 2015 déjà, Bilal Benyaich, de l’Institut de recherches Itinera, appelait à ce que « toutes les mosquées non officielles, les petites mosquées improvisées, soient connues des autorités, et celles qui prônent la haine ou font l’apologie de la violence doivent être fermées ». Et souligner que « 2016 doit devenir l’année où le gouvernement fédéral prendra une mesure préventive importante et nécessaire: impliquer les communautés musulmanes ». Avec un peu de retard, la tendance semble être en marche.

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