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Fête francophile : Liège à l’heure du 14 juillet

18 minutes de feu d'artifice et 20 000 pétards | © Amitiés françaises de Liège

Société

Ce vendredi, la France toute entière va vibrer au rythme des célébrations du 14 juillet. Et de l’autre côté de la frontière, Liège aussi sera à la fête, avec notamment 18 minutes de feu d’artifice en l’honneur de la République. Mais pourquoi cet engouement dans la principauté ? 

Selon Pierre Gilissen, juriste et élu MR liégeois de son état, il faut aller chercher les réponses plusieurs siècles en arrière. Car l’attachement liégeois à la France ne date pas d’hier, que du contraire. « Liège et la France entretiennent une relation passionnelle depuis des siècles. Liège était une principauté indépendante qui relevait du St Empire romain mais était toutefois à plus de 60% francophone. Forcément, depuis que Liège existe, la culture française a toujours eu une importante diffusion chez nous ».

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Fille de France

Jusqu’à l’identification totale.

Quand la révolution française est arrivée, Liège l’a embrassée et a rejoint la France, devenant française jusqu’en 1815. C’est une période que la ville n’a jamais oubliée, une époque faite de contacts privilégiés et d’échanges qui résonnent encore aujourd’hui. Lors de la révolution belge en 1830, les Liégeois ont d’ailleurs demandé à être de nouveau rattachés à la France.

Et même si le rattachement n’a pas eu lieu, l’attachement, lui, est resté intact.

Amitié solide

« Il est resté à Liège un esprit francophile extrêmement vif, exacerbé par les deux guerres mondiales et tout particulièrement la première. Durant la Grande guerre, les hostilités ne se sont quasiment jamais arrêtées sur notre territoire et la France s’est révélée être un allié de choix ». De quoi pousser la ville à de nouveau aborder la possibilité d’un rattachement après la deuxième guerre mondiale. Un sujet qui revient épisodiquement, au gré des revendications régionalistes, mais dont la possibilité semble éloignée. L’amitié franco-liégeoise, elle, reste toutefois bien ancrée.

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Liberté, égalité, fraternité

Le plus bel exemple de cette relation privilégiée ? L’association Amitiés françaises de Liège, qui depuis 1944 entretient simultanément la flamme de l’amitié et les célébrations du 14 juillet dans la Principauté. Ainsi que l’explique la pétillante présidente de l’association, Elizabeth Fraipont, « l’asbl est née en 1944, à l’initiative d’une poignée d’amis qui se sont dit que comme la guerre se terminait, ce serait bien qu’on rende ses lettres de noblesse à la devise de la France et que l’on pratique avec ferveur liberté, égalité et fraternité. Tout est parti de là et depuis, chaque année, nous organisons sur fonds propres un feu d’artifice ». Et pas n’importe lequel : long de 18 minutes et illuminé par 20 000 pétards, c’est un spectacle que les Liégeois ne rateraient pour rien au monde. Et les Français non plus : après les Italiens, ils constituent la deuxième communauté la plus représentée à Liège.

Fierté principautaire

Et ce vendredi, Français, francophiles ou simples âmes festives pourront s’en donner à coeur joie dans la Principauté. Début des célébrations à 10h, au cimetière de Robermont, où des commémorations auront lieu avant de continuer au monument national à la résistance. Et puis place à la fête. Au Village gaulois, bien sûr, où l’ambiance festive sera garantie, mais aussi au palais des congrès, où soirée de gala et fête populaire seront au programme de 20h à 1h du matin. Avec un rendez-vous incontournable à 22h45 : le feu d’artifice. Une tradition dont Elizabeth Fraipont se réjouit : « c’est une fierté de savoir qu’on fête parfois mieux le 14 juillet à Liège que dans certaines localités françaises ». Quant à savoir si la réciproque est vraie, rendez-vous le 21 juillet à Saint-Tropez pour en juger.

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