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Pourquoi la générosité nous rend-elle plus heureux

Les personnes généreuses sont plus heureuses que les égoïstes, selon une équipe internationale de chercheurs. | © Flickr : 王膽

Société

Une étude démontre enfin que dans le cerveau, bonheur et générosité sont intimement liés.

Si beaucoup de travaux ont déjà tenté de démontrer les liens entre générosité et bonheur, c’est la première fois qu’une étude se penche en profondeur sur la question. Une équipe internationale de neurobiologistes des Universités de Lübeck (Allemagne), Chicago et Zurich a ainsi démontré que la relation entre générosité et sensation de bonheur s’observe aussi dans le cerveau.

Les personnes généreuses sont plus heureuses que les égoïstes, selon cette équipe de chercheurs qui a mis en lumière les processus cérébraux impliqués.

Généreux, altruiste et heureux

Dirigée par Philippe Tobler et Ernst Fehr, de l’Université de Zurich (UZH), cette vaste étude a soumis cinquante personnes à un premier test afin de les répartir en deux groupes. Le premier était qualifié de « généreux », tandis que le second servait de groupe de contrôle « égoïste ». Les participants ont ensuite été soumis à divers tests au cours desquels ils devaient décider s’ils allaient se comporter de manière plus ou moins altruiste.

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Pendant ce temps, les scientifiques mesuraient leur activité cérébrale dans trois zones spécifiques. La première a trait au comportement prosocial et à la générosité, la seconde est associée au sentiment de bonheur, la troisième à l’évaluation du pour ou contre au moment de prendre une décision.

Résultats: le groupe « généreux » s’est montré – comme attendu – plus altruiste que le groupe de contrôle lors des tests suivants. Il s’est également estimé plus heureux après coup, ce qui n’était pas le cas avant la seconde phase de tests, a indiqué l’UZH.

C’est l’intention qui compte

La mesure de l’activité cérébrale a mis en évidence le fait que la simple promesse de se comporter généreusement active la zone altruiste dans le cerveau et renforce la communication avec celle du bonheur, selon ces travaux publiés dans la revue Nature Communications« Notre travail montre donc que l’engagement dans une promesse de don, comme dans les émissions de télévision, suffit à faire augmenter la sensation de bien-être et la générosité, et que le lien entre générosité et bonheur existe aussi au niveau neuronal dans l’interaction entre deux régions du cerveau », explique Philippe Tobler de l’Université de Zurich, l’un des auteurs de l’étude.

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« Il est remarquable que la simple intention génère une modification neuronale, avant même qu’elle ne soit mise en pratique », commente le Pr Tobler. Ainsi, il n’est pas nécessaire de faire preuve d’une abnégation totale pour se sentir plus heureux, résume le spécialiste.

Des questions restent ouvertes, note pour sa part Soyoung Park, de l’Université de Lübeck. Par exemple celles de savoir s’il est possible d’entraîner et de renforcer la communication entre les deux aires cérébrales et si l’effet persiste lorsqu’il est utilisé de manière consciente. C’est-à-dire si l’on se comporte de manière généreuse uniquement pour se sentir plus heureux.

– Avec Belga

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